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	<title>anthropologie</title>
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	<description>Enjeux éthiques et théologiques de l&#039;Intelligence Artificielle dans l&#039;éducation</description>
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	<title>anthropologie</title>
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		<title>L&#8217;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:26:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Baptiste DETOMBE, L&#8217;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences, Perpignan, Artège, 2025, 237 p. Avec L’Homme démantelé — sélectionné pour le Prix essais de L’Incorrect 2025 et préfacé par Rémi Brague —, Baptiste Detombe propose un essai de &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/11/19/lhomme-demantele-comment-le-numerique-consume-nos-existences/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Baptiste DETOMBE, <em><a href="https://www.editionsartege.fr/product/132035/l-homme-demantele/">L&rsquo;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</a></em>, Perpignan, Artège, 2025, 237 p.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="187" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image-187x300.jpg" alt="" class="wp-image-970" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image-187x300.jpg 187w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image.jpg 512w" sizes="(max-width: 187px) 100vw, 187px" /></figure>



<p>Avec <em>L’Homme démantelé</em> — sélectionné pour le Prix essais de <em>L’Incorrect</em> 2025 et préfacé par Rémi Brague —, Baptiste Detombe propose un essai de critique radicale du numérique qui se situe à la croisée de la philosophie, de l’anthropologie et d’une réflexion implicite sur la pédagogie et la vie spirituelle.</p>



<p>L’ouvrage paraît dans un moment où les diagnostics alarmés sur les effets des écrans se multiplient (Desmurget, Patino, Sadin&#8230;), mais Detombe ne se contente pas d’ajouter une voix à un chœur déjà fourni : il cherche à penser la situation comme une véritable tragédie anthropologique, où se joue « le sacrifice d’une génération dévorée par l’ogre numérique ».</p>



<p>Le cœur de la thèse tient dans l’image de l’« homme démantelé » : loin d’un homme « augmenté », le numérique produit un sujet fragmenté, « atomisé », dont le temps, le corps, la pensée et la relation sont pulvérisés par les logiques d’hyper-connexion et de marchandisation de l’attention.</p>



<p>Le livre s’organise en chapitres thématiques qui suivent les grandes étapes de l’existence et les dimensions fondamentales de l’expérience humaine :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’enfance</strong>, privée d’émerveillement et d’innocence par l’exposition précoce aux écrans et l’immersion dans des univers numériques captateurs.</li>



<li><strong>La jeunesse</strong>, privée de sa « fougue » et de ses premières expériences réelles, substituées par des simulations et des interactions médiées par des plateformes.</li>



<li><strong>L’âge adulte</strong>, enfermé dans une insatisfaction chronique et la pression permanente de la performance, du <em>personal branding</em> et de la comparaison sociale.</li>



<li><strong>La vieillesse</strong>, disqualifiée comme « dépassée », marginalisée dans un monde dont les codes technologiques changent à une vitesse qui rend le legs de l’expérience difficilement audible.</li>
</ul>



<p>À ces analyses chronologiques, Detombe ajoute une lecture plus systémique de la condition contemporaine :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le <strong>temps est pulvérisé</strong> par les notifications, les flux infinis des réseaux sociaux, la culture de la disponibilité permanente ;</li>



<li>le <strong>corps est oublié</strong>, dans un univers présenté comme dématérialisé, alors que toute existence humaine est indépassablement incarnée ;</li>



<li>la <strong>pensée est menacée</strong> par la confusion entre information et savoir, par l’appauvrissement de l’imaginaire et par l’atrophie de l’attention soutenue.</li>
</ul>



<p>L’« homme numérique » voit ainsi sa singularité se dissoudre : enfermé dans ses « communautés » d’algorithmes, évalué en continu à l’aune de ses performances, il glisse « de sujet à objet », puis de personne à marchandise, selon une logique mercantile qui consomme simultanément le temps, l’intériorité et les liens.</p>



<p>Detombe adopte une posture <strong>philosophique et humaniste</strong>, nourrie de références explicites à Bernanos, Ellul, Debord, Simondon, mais aussi à Rémi Brague, dont la préface inscrit le propos dans une perspective où l’enjeu n’est pas seulement psychologique ou social, mais bien <strong>anthropologique et spirituel</strong>.</p>



<p>Son écriture conjugue trois registres :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Le diagnostic culturel</strong> : le numérique est saisi comme un milieu global qui reconfigure les temporalités, les relations, les formes d’autorité, le rapport au savoir.</li>



<li><strong>L’anthropologie implicite</strong> : l’auteur défend une vision de l’homme comme être de lenteur, d’ennui, d’inquiétude créatrice, d’émerveillement, de gratuité. Ce sont précisément ces dimensions que l’« ogre numérique » détruit méthodiquement.</li>



<li><strong>L’appel au discernement</strong> : sans prôner la déconnexion totale, Detombe invite à une <strong>résistance douce</strong>, une « désobéissance » au normatif technologique, par la reconquête d’une souveraineté intérieure.</li>
</ol>



<p>On retrouve ainsi les grandes lignes de la critique de la « société technicienne » (Ellul), de la « société du spectacle » (Debord) ou de la critique du transhumanisme, mais transposées à l’ère des plateformes, de l’économie de l’attention et des réseaux sociaux.</p>



<p>L’ouvrage ne s’en tient pas à un constat catastrophiste. Dans sa dernière partie, Detombe esquisse plusieurs <strong>ressources de résistance</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La culture</strong> : comme moyen de sortir de soi, de réapprendre la lenteur et la distance critique, de se confronter à des œuvres qui excèdent l’instantanéité des contenus numériques.</li>



<li><strong>La singularité du christianisme</strong> : évoquée comme « religion de l’incarnation », elle rappelle que l’homme n’est pas code ou flux, mais chair, histoire, visage. L’incarnation est ici invoquée comme antidote à la tentation d’une existence entièrement médiée par des interfaces.</li>



<li><strong>La décision politique</strong> : l’auteur refuse de réduire la question au seul registre de l’hygiène personnelle. La régulation des plateformes, la protection des enfants, le statut des données, la place du numérique à l’école sont saisis comme des enjeux proprement politiques.</li>



<li><strong>La vie intérieure et l’espérance</strong> : Detombe insiste enfin sur la nécessité d’une vie intérieure ouverte à l’espérance, contre la dispersion et la saturation informationnelle. Il s’agit de retrouver silence, prière ou méditation, et de reconsidérer l’ennui comme espace de fécondité plutôt que comme vide à combler.</li>
</ul>



<p>Cette quadruple ressource (culture, foi, politique, intériorité) donne à l’essai une tonalité singulière par rapport à d’autres critiques du numérique : il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de suggérer les contours d’une <strong>reconstruction anthropologique</strong>.</p>



<p>On peut souligner plusieurs forces majeures :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La puissance des images et du style</strong>. L’expression d’« ogre numérique » ou la formule selon laquelle « l’homme numérique n’est pas augmenté, il est atomisé » condensent, en quelques mots, un diagnostic complexe sur la fragmentation de l’expérience contemporaine. Le style reste accessible, sans jargon, tout en s’autorisant des références exigeantes, ce qui rend le livre lisible par un large public (parents, enseignants, responsables pastoraux) sans sacrifier la densité intellectuelle.</li>



<li><strong>La profondeur anthropologique</strong>. Là où une partie de la littérature se focalise sur les performances scolaires, les troubles de l’attention ou les risques d’addiction, Detombe s’intéresse à ce que le numérique fait à l’<strong>émerveillement</strong>, à l’ennui, à la gratuité du jeu, à la qualité de la rencontre. En ce sens, l’essai rejoint des préoccupations proches de Desmurget ou Patino, mais en les articulant davantage à des questions d’âme, de vocation, de sens de la vie.</li>



<li><strong>L’ouverture spirituelle et éducative</strong>. En invoquant explicitement la culture et le christianisme comme ressources, l’ouvrage ouvre un espace de dialogue précieux pour les milieux éducatifs et ecclésiaux : comment former des sujets capables de résister à la normativité numérique, non par simple rejet de la technique, mais par un patient apprentissage d’une autre manière d’habiter le monde ?</li>
</ul>



<p>Les pistes de sortie proposées – culture, incarnation, politique, intériorité – sont plus <strong>programmatiques qu’opérationnelles</strong>. On aurait pu souhaiter, notamment pour le champ éducatif, des déclinaisons plus concrètes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>quelles politiques numériques à l’école ?</li>



<li>quels dispositifs communautaires pour soutenir les familles ?</li>



<li>quels critères éthiques pour l’usage raisonné des technologies plutôt qu’une simple opposition symbolique ?</li>
</ul>



<p>De même, si l’auteur se réfère à de grands noms de la critique sociale, le dialogue avec les travaux empiriques de psychologie, de sociologie de la jeunesse ou des usages numériques reste en arrière-plan ; l’essai assume davantage une posture de <strong>philosophe moral</strong> qu’un statut de recherche au sens académique strict.</p>



<p>Malgré ces limites, <em>L’Homme démantelé</em> constitue une contribution importante au champ des réflexions sur le numérique, en particulier pour ceux qui travaillent à l’articulation entre <strong>anthropologie, éducation et spiritualité</strong>.</p>



<p>Pour les chercheurs en sciences de l’éducation, en éthique de la technologie ou en théologie pratique, l’ouvrage offre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un <strong>cadre narratif fort</strong> – la figure de « l’homme démantelé » – pour penser les effets du numérique au-delà des seuls indicateurs quantitatifs ;</li>



<li>une insistance salutaire sur des catégories souvent négligées par les discours technophiles : émerveillement, ennui, gratuité, intériorité, incarnation ;</li>



<li>un appel à intégrer la dimension <strong>politique et spirituelle</strong> dans les débats sur la régulation des technologies.</li>
</ul>



<p>Pour les praticiens (parents, enseignants, éducateurs, responsables pastoraux), il fonctionne comme un <strong>outil de prise de conscience</strong> et de mise en mots : il aide à nommer ce qui se joue dans la fatigue attentionnelle, la dispersion, la perte de profondeur des relations, et à légitimer des choix contre-culturels (limitation des écrans, valorisation de la lecture, des jeux libres, de la pratique artistique, etc.).</p>



<p>En définitive, <em>L’Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</em> est un essai dense, vigoureux, parfois sombre, mais profondément humaniste. Baptiste Detombe y dissèque avec une grande clarté les ravages d’un numérique pensé avant tout comme marché de l’attention et instrument de formatage des subjectivités, tout en refusant de s’en tenir à la dénonciation. En convoquant la culture, l’incarnation chrétienne, la décision politique et la vie intérieure comme lieux de ressaisissement, il invite à renouer avec une plénitude fondatrice de l’humain, faite de lenteur, de présence, de responsabilité et d’espérance. On pourra discuter le ton alarmiste ou la part de nostalgie, mais difficile de ne pas entendre l’avertissement : si nous ne voulons pas devenir des « hommes démantelés », il nous faut repenser en profondeur notre manière de vivre avec les écrans, non comme une simple question d’outils, mais comme un enjeu d’anthropologie intégrale.</p>
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		<title>Antiqua et nova : Note sur le rapport entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jan 2025 05:07:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Dicastère pour la Doctrine de la Foi et Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Antiqua et nova : Note sur le rapport entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine, Cité du Vatican, 28 janvier 2025. En ligne sur https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_en.html, consulté le &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/01/31/antiqua-et-nova-note-sur-le-rapport-entre-lintelligence-artificielle-et-lintelligence-humaine/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Dicastère pour la Doctrine de la Foi et Dicastère pour la Culture et l’Éducation,</strong> <em>Antiqua et nova : Note sur le rapport entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine</em>, Cité du Vatican, 28 janvier 2025. En ligne sur https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20250128_antiqua-et-nova_en.html, consulté le 31/01/2025 à 05:51.</p>



<p>Le document <em>Antiqua et nova</em> marque une étape importante dans la réflexion du Magistère sur les défis posés par l’intelligence artificielle (IA) à l’intelligence humaine et à la dignité de la personne. Fruit du travail conjoint du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et du Dicastère pour la Culture et l’Éducation, cette note, approuvée par le pape François, s’inscrit dans une dynamique d’interpellation éthique face aux mutations technologiques qui touchent l’éducation, la santé, le travail et la vie sociale.</p>



<p>Loin d’être une condamnation précipitée des technologies émergentes, ce texte se veut une prise de recul philosophique et théologique sur les enjeux posés par la montée en puissance de l’IA. Il s’agit de penser la distinction entre <em>intelligence artificielle</em> et <em>intelligence humaine</em>, d’en souligner les défis éthiques, et d’orienter le progrès technologique vers le bien commun.</p>



<p>L’argumentation du document repose sur trois piliers structurants :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Une distinction ontologique entre intelligence artificielle et intelligence humaine</strong><br>L’IA, malgré sa capacité à imiter certains aspects de l’intelligence humaine, demeure une construction technique dépourvue de conscience, de volonté et de capacité à discerner le bien du mal. Loin d’être une forme d’intelligence autonome, elle se définit comme un prolongement instrumental de la rationalité humaine, incapable de relations et de transcendance.</li>



<li><strong>Les défis éthiques d’une automatisation croissante</strong><br>Le document met en garde contre une instrumentalisation de l’IA susceptible de menacer la liberté humaine. Il soulève des questions cruciales : qui est responsable des décisions prises par des systèmes autonomes ? Comment préserver la dignité humaine dans un monde où l’automatisation pourrait conduire à une forme d’aliénation ? L’IA, en tant qu’outil façonnant l’accès à l’information, pose également la question de la vérité dans un contexte de prolifération des <em>deepfakes</em> et de manipulation des données.</li>



<li><strong>L’appel à une régulation éthique et au service du bien commun</strong><br><em>Antiqua et nova</em> insiste sur la nécessité d’une approche de l’IA orientée par la justice et la charité. Loin d’une vision technophile ou technophobe, le texte plaide pour un encadrement du développement de ces technologies, afin qu’elles servent le bien commun et non des intérêts mercantiles ou idéologiques. L’IA ne doit pas être un outil d’exploitation, mais une aide au service de la dignité de chaque personne.</li>
</ol>



<p>Le texte s’appuie sur une approche théologique, philosophique et anthropologique. Il mobilise la pensée biblique sur l’intelligence humaine et la sagesse divine, ainsi que l’héritage de la doctrine sociale de l’Église. Il s’inscrit dans la continuité des réflexions déjà menées sur la technologie dans des textes comme <em>Centesimus annus</em> (Jean-Paul II, 1991)​ et <em>Sollicitudo rei socialis</em> (Jean-Paul II, 1987), tout en les actualisant à la lumière des défis posés par l’IA contemporaine.</p>



<p>Loin d’un discours purement spéculatif, <em>Antiqua et nova</em> se positionne comme un cadre de discernement invitant au dialogue avec les experts des sciences humaines, des technologies et du droit. L’enjeu est de fonder une éthique de l’IA qui ne se limite pas à des considérations économiques ou utilitaristes, mais qui prenne en compte la dimension intégrale de la personne humaine.</p>



<p>La publication de ce document a été bien accueillie par les milieux théologiques et éthiques pour sa pertinence et sa profondeur de réflexion. Toutefois, certaines critiques ont émergé :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Manque de propositions concrètes</strong> : si <em>Antiqua et nova</em> offre un cadre conceptuel clair, il n’apporte pas de directives précises quant à l’application de ses principes, notamment en matière de régulation des IA.</li>



<li><strong>Une approche qui reste distante des aspects techniques</strong> : bien que soucieuse d’interdisciplinarité, la note ne propose pas d’analyse détaillée des spécificités techniques des modèles d’IA actuels (apprentissage machine, <em>deep learning</em>, etc.), ce qui pourrait limiter son impact auprès des professionnels du domaine.</li>
</ul>



<p><em>Antiqua et nova</em> s’affirme comme une contribution importante de l’Église à la réflexion contemporaine sur l’intelligence artificielle. Son titre – qui signifie « Ancien et Nouveau » – évoque une lecture du progrès technologique à la lumière de la sagesse chrétienne, dans une continuité entre tradition et innovation.</p>



<p>Ce document invite à un discernement fondé sur la responsabilité et la dignité humaine, afin que l’IA ne soit pas un facteur de désincarnation des relations humaines, mais un outil mis au service de l’homme. S’il reste à compléter par des recommandations plus opérationnelles, il n’en demeure pas moins un jalon essentiel dans la réflexion éthique et théologique sur notre avenir technologique.</p>



<p>Une lecture précieuse pour les théologiens, les philosophes, les éthiciens et tous ceux qui s’interrogent sur l’impact de l’IA sur notre humanité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Persistance du merveilleux : Le petit peuple de nos machines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2025 16:26:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[ethnologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Nicolas NOVA, Persistance du merveilleux&#160;: Le petit peuple de nos machines, Premier Parallèle, 2024, 240 pages, 22€. Nicolas Nova (1977-2024), était anthropologue, professeur à la Haute école d’art et de design, à Genève. Ses recherches portaient sur la compréhension des &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/01/28/persistance-du-merveilleux-le-petit-peuple-de-nos-machines/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Nicolas NOVA, <em>Persistance du merveilleux&nbsp;: Le petit peuple de nos machines</em>, Premier Parallèle, 2024, 240 pages, 22€.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/Persistance-couvWeb-large-768x1024.jpg" alt="Couverture du livre Persistance du merveilleux : Le petit peuple de nos machines." class="wp-image-818" style="width:150px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/Persistance-couvWeb-large-768x1024.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/Persistance-couvWeb-large-225x300.jpg 225w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/Persistance-couvWeb-large.jpg 970w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>Nicolas Nova (1977-2024), était anthropologue, professeur à la Haute école d’art et de design, à Genève. Ses recherches portaient sur la compréhension des cultures numériques et leur évolution.</p>



<p>Selon l&rsquo;auteur, dans nos ordinateurs coexiste une «&nbsp;ménagerie numérique&nbsp;» assimilable au merveilleux. C&rsquo;est pourquoi il bat en brèche l’idée que «&nbsp;la rationalité occidentale aurait triomphé de ce petit peuple avec lequel nous avons cohabité tant de siècles.&nbsp;» (p. 10) Il fait au contraire l’hypothèse non pas d’un ‘<em>exit’</em> mais d’un exode vers notre nouveau milieu. Cette œuvre «&nbsp;vise à comprendre ce que sont concrètement ces entités pour celles et ceux qui les créent, les côtoient, les utilisent ou les subissent.&nbsp;» (p. 15)</p>



<p>Chaque entité (daemons, fantômes, chevaux de Troie, vers, trolls, sprites, avatars…) est analysée pour elle-même, en référence au mythe auquel elle doit son nom et dans le lien symbolique entre ces 2 réalités. À chaque fois il s&rsquo;agit pour l&rsquo;auteur d&rsquo;«&nbsp;aborder les relations que nous nouons au quotidien avec cette ménagerie numérique&nbsp;» (p. 16). Pour ce faire, Nicolas Nova les regroupe en entités nommables et catégories connues. Ces créatures peuvent être classées en fonction de leurs types (omniprésent mais très discret, possédant ou irruptif, malfaisant, compagnon, IA), répertoriées selon leur degré d&rsquo;autonomie. L&rsquo;auteur explore également leurs relations, tant avec les êtres humains qu&rsquo;entre elles. Différents processus culturels reconfigurés par l&rsquo;entremise des médias numériques permettent cette lecture. L&rsquo;auteur va plus loin puisqu&rsquo;il analyse tout cela comme «&nbsp;un système mythologique en devenir.&nbsp;» (p. 177)</p>



<p>C&rsquo;est un folklore – essentiellement occidental – qui circule. Ce sont aussi des discours qui sont construits et qui inclinent notre pensée dans des directions souvent inconscientes. C&rsquo;est pourquoi le recours au merveilleux n&rsquo;est pas simplement une phase transitoire dans l&rsquo;appropriation de nouveautés, il est aussi un moyen efficace qui s&rsquo;appuie sur des métaphores et des analogies L&rsquo;auteur montre l&rsquo;écotypification et l&rsquo;agglutination qui sont à l&rsquo;œuvre. Il propose finalement de reconnaître une «&nbsp;infra-vie artificielle&nbsp;» (p. 190) dans cet ensemble de protagonistes.</p>



<p>La dimension bestiaire est à la fois ludique et érudite, mêlant des connaissances pointues en informatique comme aux racines culturelles qui nourrissent ces nombreuses références. L’auteur va bien au-delà d’un catalogue puisqu’il fournit un vrai travail d’ethnologue vis-à-vis de toutes ces entités et d’anthropologue en étudiant comment le petit peuple de nos machines affecte notre vie et notre vision du monde. A cet égard, c’est un ouvrage suggestif. La proposition de dépasser le symbolique pour reconnaître une « infra-vie artificielle » est osée. Elle est documentée et intelligente, assez convaincante mais ce n’est pas une évolution de pensée évidente qui est ici proposée. En définitive, l’ouvrage de Nicolas Nova invite à repenser notre rapport aux technologies comme un prolongement de nos mythes ancestraux, tout en ouvrant des perspectives sur l’avenir de nos imaginaires.</p>



<p>Ouvrage&nbsp;: <a href="https://www.premierparallele.fr/livre/persistance-du-merveilleux">https://www.premierparallele.fr/livre/persistance-du-merveilleux</a></p>
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		<item>
		<title>La Vie spectrale : Penser l&#8217;ère du métavers et des IA génératives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jan 2025 13:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[métavers]]></category>
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					<description><![CDATA[Éric SADIN, La Vie spectrale : Penser l&#8217;ère du métavers et des IA génératives, Paris, Grasset, 2023, 280 pages, 19.50€. Éric Sadin est un philosophe techno-critique, l’un des penseurs majeurs des technologies numériques, de leurs caractéristiques, de leurs ressorts économiques et &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/01/04/la-vie-spectrale-penser-lere-du-metavers-et-des-ia-generatives/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Éric SADIN, <em>La Vie spectrale : Penser l&rsquo;ère du métavers et des IA génératives</em>, Paris, Grasset, 2023, 280 pages, 19.50€.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="760" height="760" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/SADIN-Eric.jpg" alt="" class="wp-image-812" style="width:150px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/SADIN-Eric.jpg 760w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/SADIN-Eric-300x300.jpg 300w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/SADIN-Eric-150x150.jpg 150w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/SADIN-Eric-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 760px) 100vw, 760px" /></figure>



<p>Éric Sadin est un philosophe techno-critique, l’un des penseurs majeurs des technologies numériques, de leurs caractéristiques, de leurs ressorts économiques et de leur impact social, politique et civilisationnel.</p>



<p>Cet ouvrage est un essai philosophique sur le «&nbsp;devenir ChatGPTmétaversé du monde&nbsp;». L&rsquo;auteur veut nous outiller pour mener la bataille de la temporalité au cœur de cette mutation anthropologique. Il veut œuvrer «&nbsp;à substituer à ce présent qui vient ce que librement, et dans la pluralité, nous souhaitons faire advenir.&nbsp;» (p. 53)</p>



<p>L’essai commence par un parallèle très inspirant entre le spectre qui initie l’action dans <em>Hamlet</em> et les applications qui nous conseillent. Cette homologie suggère ce que démontrent les développements suivants&nbsp;: les fondations sont achevées des paradigmes Intelligence Artificielle Généralisée (IAG) et métavers. L’auteur va donc analyser les ressorts des développements en cours pour nous aider à faire face au présent qui vient – il est inéluctable.</p>



<p>La première partie, après avoir posé la distinction entre histoire de la technique et histoire des dispositifs techniques, analyse «&nbsp;<em>la dimension fractale qui est à l&rsquo;œuvre entre technologie, corps et société</em>. A savoir, le fait que de mêmes structures se retrouvent à l&rsquo;identique – à des échelles très différentes – en des objets distincts.&nbsp;» (p. 61). Ce travail se déploie dans l’étude des âges de ce phénomène. Celle-ci permet de comprendre que les décennies passées ne visaient pas tant le contrôle que l’analyse des mouvements des corps et des choses. Mouvements mis au ralenti, voire à l’arrêt, par nos écrans, y compris parfois même au travers de simulations. Mouvements redirigés surtout car ce que vise le complexe techno-industriel c’est la convergence au <em>principe premier</em> techno-économique&nbsp;; le moyen ultime de cette fin est la promesse d’un paradis artificiel dès ici-bas.</p>



<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="305" height="445" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/La-Vie-spectrale.jpg" alt="" class="wp-image-813" style="width:150px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/La-Vie-spectrale.jpg 305w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/01/La-Vie-spectrale-206x300.jpg 206w" sizes="auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px" /></figure>



<p>La deuxième partie, «&nbsp;La refabrication du réel&nbsp;», nous rappelle à Descartes&nbsp;: «&nbsp;Nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature&nbsp;» pour observer que, malgré l’inévitable accidentel, notre désir se déverse désormais dans le nouveau vecteur du capitalisme de l’hyperpersonnalisation, l’IA. On trouve déjà dans les années 70 les prémisses de cette société panoptique qui vise à «&nbsp;asseoir une maîtrise, non plus des personnes, mais du cours général des choses.&nbsp;» (pp. 117-118)</p>



<p>Expliquant la transition de l&rsquo;émancipation des Lumières à la stimulation publicitaire à partir de la révolution industrielle, au profilage généralisé de ces dernières décennies qui vise à <em>&lsquo;nudger&rsquo;</em> nos comportements. C&rsquo;est ici la question d&rsquo;une conscience vive et éclairée qui est en jeu. Notre volonté n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas visée directement mais la myriade de nos intentions qui suscitent et reçoivent des instructions (prompts) de nos applications. Ce «&nbsp;promptisme généralisé&nbsp;» (cf. p. 148) est la trame de la vie spectrale. Ses fils de chaîne sont tissés de l&rsquo;omniprésence du simulacre nourri désormais sans limite par «&nbsp;un strict rapport schématisé et instrumental au langage et à l&rsquo;image.&nbsp;» (p. 159)</p>



<p>Après avoir exploré les fondements technologiques et économiques de cette transformation dans la deuxième partie, Sadin s’attarde, dans la troisième, «&nbsp;L’autre fantôme&nbsp;», sur ses effets concrets sur nos relations humaines et nos identités. Il commence par analyser l’avènement du courriel et comment il illustre que «&nbsp;l’utilitarisme économique aura fini par instituer un utilitarisme des relations.&nbsp;» (p. 165) Celui-ci s’illustre par le «&nbsp;dialogue unilatéral&nbsp;» et ira jusqu’à une mise à distance de toute présence bruite d’autrui. Ce phénomène est également rendu possible par nos smartphones et leurs applications, qui semblent nous autoriser à nous passer d’autrui, au repli sur soi. Analysant la généralisation de la visioconférence occasionnée par la pandémie de Covid, l&rsquo;auteur voit «&nbsp;une mise à distance instituée d&rsquo;autrui&nbsp;» (p. 181) et «&nbsp;une réification sournoise d&rsquo;autrui&nbsp;» (p. 179) à l&rsquo;œuvre. Celles-ci instituent un oubli des devoirs dus à l&rsquo;autre. Les vies spectrales forment une société fantôme.</p>



<p>Dans ce contexte, la fluidité des identités conduit à la désagrégation du contrat social actuel, conséquence imprévue mais non imprévisible de l&rsquo;avatarisation des expressions successives de nous-même. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;auteur étudie la nature philosophique de l&rsquo;avatar et ses conséquences, y compris post-mortem. Nous sommes passés de la promesse du <em>village</em> global du début des années deux mille au déclassement du proche – à commencer par nous-même&nbsp;–, au bénéfice de lointains insubstantiels.</p>



<p>La quatrième et dernière partie, «&nbsp;Le processus de désubjectivation&nbsp;», analyse la dévitalisation de nos subjectivités. Celle-ci part d’«&nbsp;un phénomène anthropologique et civilisationnel&nbsp;: <em>notre absorption dans un univers redéfinissant […] nos rapports aux autres et au réel</em>.&nbsp;» (p. 208) dont la conséquence essentielle est la transformation de nos consciences. Et l’auteur de dénoncer la complémentarité homme-machine qui favoriser le dessaisissement de ce que nous avons en propre – être auteur&nbsp;– et de nous-même. Alors que les LLM sont des dispositifs qui n&rsquo;usent pas d&rsquo;un langage semblable au nôtre, comme le montre l&rsquo;auteur. En revanche, il favorise notre engourdissement et organise notre inutilité par le moyen d&rsquo;une «&nbsp;industrialisation de la paresse&nbsp;» (p. 221) La section «&nbsp;L’adaptation est une soumission&nbsp;» (pp. 224-231) est d’ailleurs une attaque ferme contre l’introduction du numérique à l’École. Après avoir dénoncé le phénomène, l’auteur s’en prend enfin au discours qui «&nbsp;fabrique du consentement&nbsp;».</p>



<p>L’ensemble de ce parcours sur «&nbsp;la nature de la rationalité instrumentale et de son histoire&nbsp;» (p. 261) qui sont mues par une «&nbsp;volonté de combler indéfiniment notre défectuosité fondamentale&nbsp;» (p. 262-263) actualise en fait la pensée d’Ellul sur le système technicien. Sadin met en garde contre une <em>humanité vidée de sa substance</em>, réduite à une forme d’absence à elle-même (cf. p. 266). En réponse, il propose une solution radicale : interdire purement et simplement les IA génératives, tout en reconnaissant que ce sursaut est peu probable. Mais il reconnaît qu’«&nbsp;un tel sursaut n&rsquo;aura pas lieu.&nbsp;» (p. 269) C&rsquo;est pourquoi il faut se demander «&nbsp;si nous sommes enfin disposés à défendre la sève de notre humanité avant que celle-ci ne s&rsquo;assèche définitivement.&nbsp;» (269) L’auteur propose finalement de célébrer notre humanité dans sa sensitivité, sa sensibilité ainsi que la plénitude des facultés de son intelligence et sa volonté.</p>



<p>C’est un essai aussi puissant que profond que nous offre Éric Sadin. Il alimente sa réflexion aux meilleurs sources&nbsp;(Hannah Arendt, Jean Baudrillard…) comme aux sources ‘tech’ actuelles (Ray Kurzweil, Shoshana Zuboff…) pour nous partager une analyse sans concession. Une analyse qui sait prendre du recul sur elle-même&nbsp;: «&nbsp;aujourd&rsquo;hui, métavers et IA génératives représentent les principaux instruments de ce processus. Un jour ou l&rsquo;autre, ils revêtiront d&rsquo;autres formes, porteront d&rsquo;autres noms.&nbsp;» (p. 135) Son techno scepticisme n’est pas superficiel. Il prend les dynamiques à l’œuvre au sérieux. Il ne rêve pas mais refuse de baisser les bras face à un faux humanisme qui croit trouver le salut de l’humanité dans l’abandon de chaque homme. En définitive, Éric Sadin nous invite à un sursaut intellectuel face aux mutations technologiques en cours, non pas pour les rejeter entièrement, mais pour préserver ce qui fait la richesse de notre humanité : notre capacité à être auteur de nos vies, dans la plénitude de nos facultés.</p>



<p>La solution proposée d’interdire les IA génératives est radicale mais pas réaliste – l’auteur en a conscience. Il est regrettable qu’il se contente de faire appel à un nouvel humanisme. Comment cela pourrait-il se traduire dans des termes concrets, et quelles seraient les alternatives plus viables ?</p>



<p>Ouvrage : https://www.grasset.fr/livre/la-vie-spectrale-9782246831358/</p>
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		<title>La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 10:28:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[David LE BRETON, La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale, Paris, Métailié, « Traversées », mai 2024, 122 pages, 15,00€. David Le Breton est professeur de sociologie à l&#8217;université de Strasbourg et membre de l&#8217;Institut universitaire de &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2024/12/30/la-fin-de-la-conversation-la-parole-dans-une-societe-spectrale/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>David LE BRETON, <em>La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale</em>, Paris, Métailié, « Traversées », mai 2024, 122 pages, 15,00€.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-1024x1024.jpg" alt="David LE BRETON, © Philipe Matsas, éditions Métailié." class="wp-image-807" style="width:150px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-1024x1024.jpg 1024w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-300x300.jpg 300w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-150x150.jpg 150w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-768x768.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-1536x1536.jpg 1536w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-2048x2048.jpg 2048w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-david-le-breton-le-breton-david-philippe-matsas-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">portrait de David LE BRETON. © Philipe Matsas, 22/04/2022 à Paris.</figcaption></figure>



<p>David Le Breton est professeur de sociologie à l&rsquo;université de Strasbourg et membre de l&rsquo;Institut universitaire de France. Il est spécialiste des représentations et des mises en jeu du corps humain qu&rsquo;il a notamment étudiées en analysant les conduites à risque.</p>



<p>Cet ouvrage est un essai d’anthropologie sur la disparition de la conversation du fait du paradigme techno-culturelle qui émerge depuis deux décennies et conduit à l’effacement progressif des corps et des relations. L’auteur analyse cette profonde rupture anthropologique.</p>



<p>Le présent ouvrage se déploie en une petite vingtaine de courts chapitres qui analysent la diminution de la conversation, voir sa disparition programmée, qui cherchent à comprendre la valeur anthropologique de la conversation, qui annoncent le monde à venir avec la disparition de cette pratique sociale (cf. p. 19). L’auteur opère une distinction « entre conversation et communication, c&rsquo;est-à-dire entre présence mutuelle les yeux dans les yeux, dans le souffle de l&rsquo;autre, et communication à distance, sans corps, sans présence, sans visage ou avec un visage sur l&rsquo;écran. » (pp. 22-23). Si la parole prolifère à l’ère numérique, elle se fait souvent bruit plutôt que sens&nbsp;: elle favorise l’échange d’informations mais appauvrit les relations. Au point écrit l’auteur avec finesse que «&nbsp;les réseaux sociaux incarne un monde de l’autre sans autres&nbsp;» (p. 45) Il en va de même pour les lieux (hétérotopie) et les temps (hétérochronie) avec un très beau passage sur le fait de gagner du temps pour être submergé de tâches qui ne font pas sens aux pages 56 à 57. L’auteur s’interroge aussi sur la place et la valeur du silence&nbsp;: respiration, circulation, intériorité dans la conversation mais bug dans le flux incessant de la communication.</p>



<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="460" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-la-fin-de-la-conversation-fin-de-la-conversation-hd-300x460-1.jpg" alt="Couverture du livre : David LE BRETON, La Fin de la conversation ?" class="wp-image-808" style="width:150px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-la-fin-de-la-conversation-fin-de-la-conversation-hd-300x460-1.jpg 300w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/12/editions-metailie.com-la-fin-de-la-conversation-fin-de-la-conversation-hd-300x460-1-196x300.jpg 196w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Couverture du livre : David LE BRETON, La Fin de la conversation ?</figcaption></figure>



<p>C&rsquo;est un travail de longue haleine qui se spécifie à nouveau sur les effets des technologies de l’information et de la communication dans nos vie et porte un nouveau fruit dans cet ouvrage. David Le Breton est très cultivé sa plume est déliée et régulièrement élégante. L’auteur adopte un ton souvent nostalgique et sceptique, parfois perçu comme technophobe — il se positionne clairement «&nbsp;à contre-courant du techno-prophétisme&nbsp;» (p. 119). Toutefois, certaines analyses, comme celle des choix éducatifs des cadres de la Silicon Valley, restent trop succinctes. Il emploie parfois des termes dans des acceptions peu courante (digital natives, personne…)&nbsp;; cela ne diminue pas la qualité de la réflexion mais nécessite une attention supplémentaire. L&rsquo;auteur analyse parole et silence dans les univers respectifs de la conversation et de la communication. Dans cette réflexion sur la perte de lien, l&rsquo;auteur explore également des pratiques qui révèlent des stratégies de résistance ou d&rsquo;adaptation, comme celle des hikikomoris et des marcheurs, entre retrait et quête de sens. Il dresse indirectement un parallèle entre la vie des hikikomoris et celle des marcheurs&nbsp;; ce faisant il suggère un point d’équilibre dans une fatalité. Ces pratiques personnelles, voire partagée, sont essentielles car « la disparition du visage traduit la fin de toute éthique, celle de la confiance qui seule permet l&rsquo;établissement d&rsquo;une réciprocité dans le lien social. » (p. 29) Or, «&nbsp;si le virtuel signe la disparition du réel sous l&rsquo;égide de la simulation, la conversation le rétablit&nbsp;» (p. 122). En définitive, cet ouvrage invite à repenser le lien humain à l’ère numérique. Il s&rsquo;adresse autant à ceux qui interrogent les transformations sociales actuelles qu&rsquo;à ceux qui cherchent des moyens de préserver la densité de nos relations humaines.</p>



<p>Ouvrage : <a href="https://editions-metailie.com/livre/la-fin-de-la-conversation/">https://editions-metailie.com/livre/la-fin-de-la-conversation/</a></p>
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		<title>Marius DOROBANȚU, Imago Dei, personhood and human dignity: theological reflections on the challenges of strong Artificial Intelligence.</title>
		<link>https://www.markert.fr/2020/09/09/marius-dorobantu-imago-dei-personhood-and-human-dignity-theological-reflections-on-the-challenges-of-strong-artificial-intelligence/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=marius-dorobantu-imago-dei-personhood-and-human-dignity-theological-reflections-on-the-challenges-of-strong-artificial-intelligence</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 10:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ami Marius DOROBANȚU&#160;soutient aujourd’hui son doctorat en éthique à l&#8217;Université de Strasbourg. Sa thèse porte sur l&#8217;anthropologie théologique et les défis potentiels de l&#8217;intelligence artificielle à l&#8217;échelle humaine. Il est titulaire d’un master en théologie de l&#8217;Université de Nimègue (Pays-Bas) &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2020/09/09/marius-dorobantu-imago-dei-personhood-and-human-dignity-theological-reflections-on-the-challenges-of-strong-artificial-intelligence/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’ami Marius DOROBANȚU&nbsp;soutient aujourd’hui son doctorat en éthique à l&rsquo;Université de Strasbourg. Sa thèse porte sur l&rsquo;anthropologie théologique et les défis potentiels de l&rsquo;intelligence artificielle à l&rsquo;échelle humaine. Il est titulaire d’un master en théologie de l&rsquo;Université de Nimègue (Pays-Bas) et d’une licence en théologie orthodoxe de l&rsquo;Université de Bucarest (Roumanie).</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2020/09/Dorobantu_Marius_2.jpg" alt="" class="wp-image-188" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2020/09/Dorobantu_Marius_2.jpg 200w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2020/09/Dorobantu_Marius_2-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /><figcaption>Marius DOROBANȚU</figcaption></figure></div>



<p>Sa recherche doctorale est en partie fondée sur une hypothèse dont certains parlent beaucoup ces dernières années&nbsp;: une intelligence artificielle (IA) de niveau humain, une «&nbsp;IA forte&nbsp;». Peut‑être cette hypothèse ne se réalisera‑t‑elle jamais&nbsp;? Peut‑être est‑elle tout simplement mal formulée&nbsp;? Si elle devait se réaliser, cela poserait des défis redoutables à l’anthropologie en générale et à la l’anthropologie théologique chrétienne singulièrement. Quoiqu’il en soit, c’est un cadre de réflexions suggestif pour interpeler la Tradition chrétienne et tenter de poursuivre le travail d’explicitation de la Révélation.</p>



<p>En effet, l’une des grandes questions de l’anthropologie aujourd’hui est celle de la spécificité humaine. Celle‑ci est confrontée d’une part à la question de l’animalité c’est‑à‑dire la question de la considération pour les «&nbsp;bêtes&nbsp;» que la civilisation occidentale revisite, et d’autre part à la question de l’intelligence que les sciences cognitives et informatiques bousculent. En théologie chrétienne, la spécificité humaine est classiquement référencée au verset 27 du chapitre 1<sup>er</sup> du livre de la <em>Genèse</em>&nbsp;: «&nbsp;Dieu crée l’humain à son image, à l’image de Dieu Il le crée, mâle et femelle Il les crée<a href="#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>.&nbsp;»</p>



<p>Qu’est-ce que cette «&nbsp;image de Dieu&nbsp;» (<em>imago Dei</em>, en latin)&nbsp;? En deux mille ans de christianisme, les réponses ont été nombreuses, variées et nuancées. Le plus souvent, elles tournent autour des thématiques de la liberté, de la volonté et de l’intelligence. Régulièrement, il est question de l’intelligence, comprise comme rationalité ou résolution de problèmes. Cette interprétation peut sembler fragilisée alors que les frontières entre l’animal humain et les autres animaux semblent se flouter, voire se fluidifier. Quoiqu’il en soi, Marius DOROBANȚU se demande s’il s’agit bien là de l&rsquo;aspect le plus distinctif de la nature humaine et de l&rsquo;image de Dieu&nbsp;? Il défend notamment la thèse selon laquelle la relationnalité est la clé de ce que signifie être humain.</p>



<p>Ce déplacement a pour conséquence d’atténuer la difficulté de compréhension de ce qu’est l’intelligence et l’usage que nous en faisons à propos des algorithmes. Mais ce déplacement a également pour conséquence de poser d’autres questions… Un «&nbsp;robot intelligent&nbsp;» serait‑il une créature&nbsp;? Autrement dit, une relation serait‑elle possible entre un «&nbsp;robot intelligent&nbsp;» et Dieu&nbsp;? Puisque tout<a href="#_ftn2">[2]</a> est possible à Dieu, la condition de possibilité d’une telle relation serait donc la relationnalité ou capacité à entrer en relation —&nbsp;et pas simplement en rapport&nbsp;— de ladite «&nbsp;créature&nbsp;». Autrement dit, faudra‑t‑il bâtir un jour une algor‑ologie<a href="#_ftn3">[3]</a>&nbsp;? Une IA de niveau humain serait‑elle «&nbsp;invitée à avoir sa propre relation avec Dieu&nbsp;»&nbsp;?</p>



<p>Ces questions —&nbsp;certaines sont de notre cru&nbsp;—, qui peuvent paraître inattendues ou choquantes, ne sont néanmoins pas le cœur de ce travail. En effet, un robot est une fabrication, une sorte d’outil‑esclave. De plus, «&nbsp;un robot intelligent serait probablement un type de créature radicalement différente, plus différente de l’homme que ne le sont les animaux&nbsp;» observe Monsieur DOROBANȚU. Cette réflexion permet surtout de «&nbsp;retenir une interprétation multiniveau de l&rsquo;<em>imago Dei</em> centrée à la fois sur la relation et la relationnalité&nbsp;».</p>



<p>J’assisterai donc tout à l’heure à cette soutenance et aurai plaisir d’ici vendredi à vous partager ce que j’en retiens, ce qui m’a paru nouveau, peut-être ce qui aura corrigé ma première impression.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Traduction personnelle.</p>



<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Attention à ne pas mal comprendre cette toute‑puissance qui est nécessairement informée c’est‑a‑dire dirigée par l’amour puisque Dieu est amour. Dès lors, on comprendra facilement que Dieu peut tout mais ne veut pas n’importe quoi, pour être bref.</p>



<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Néologisme s’inspirant d’anthropologie pour évoquer une science qui se questionnerait sur la nature «&nbsp;robotique&nbsp;».</p>
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					<wfw:commentRss>https://www.markert.fr/2020/09/09/marius-dorobantu-imago-dei-personhood-and-human-dignity-theological-reflections-on-the-challenges-of-strong-artificial-intelligence/feed/</wfw:commentRss>
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