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	<title>Ethique</title>
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	<description>Enjeux éthiques et théologiques de l&#039;Intelligence Artificielle dans l&#039;éducation</description>
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	<title>Ethique</title>
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		<title>Le Paradoxe du tapis roulant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Dec 2025 08:50:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Marion Carré, Le Paradoxe du tapis roulant : Vaincre notre paresse intellectuelle face à l&#8217;IA, JC Lattès, 2025, 232 p. Paru en septembre 2025, l’ouvrage s’inscrit dans un moment charnière du débat public sur l’intelligence artificielle générative : celui où &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/12/26/le-paradoxe-du-tapis-roulant/">Lire la suite­­</a>]]></description>
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<p><strong>Marion Carré, <em>Le Paradoxe du tapis roulant : Vaincre notre paresse intellectuelle face à l&rsquo;IA</em>, JC Lattès, 2025, 232 p.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="187" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-187x300.jpg" alt="" class="wp-image-988" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-187x300.jpg 187w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-639x1024.jpg 639w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-768x1231.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/12/image.jpg 780w" sizes="(max-width: 187px) 100vw, 187px" /></figure>



<p>Paru en septembre 2025, l’ouvrage s’inscrit dans un moment charnière du débat public sur l’intelligence artificielle générative : celui où l’usage des IA de conversation, de rédaction, de synthèse ou de traduction n’est plus réservé à quelques spécialistes, mais irrigue massivement les pratiques ordinaires de travail, d’étude et de loisir. Le titre – <em>Le Paradoxe du tapis roulant</em> – dit bien la thèse directrice : nous avons l’impression d’avancer, de « gagner du temps » et de démultiplier nos capacités, mais nous risquons en réalité de pédaler sur place, voire de perdre une part de notre puissance propre de penser.</p>



<p>Marion Carré, entrepreneuse et spécialiste des liens entre culture et numérique, n’adopte ni le ton catastrophiste ni le discours enchanté de la « révolution IA ». Elle propose plutôt une enquête sur notre paresse intellectuelle face à ces outils, en articulant observations de terrain, analyses conceptuelles et examen lucide de sa propre pratique d’utilisatrice. L’ouvrage se présente ainsi comme un essai d’éducation de l’attention et de la responsabilité.</p>



<p>Le cœur du diagnostic repose sur une formule que l’autrice explicite à plusieurs reprises : « l’habitude de recourir à l’IA pour automatiser tout ce qui est de l’ordre du « pensable » met en péril les réflexions qui nécessitent du temps pour mûrir » (p. 49). Autrement dit, ce qui est en jeu n’est pas simplement la délégation de tâches pénibles ou répétitives, mais la tentation de confier à la machine tout ce qui est rapidement formulable : premières idées, plans de texte, synthèses, reformulations, variantes d’arguments&#8230; À mesure que nous abandonnons à l’IA le champ du pensable immédiat, nous risquons de priver nos propres réflexions du temps de maturation, d’hésitation et de reprise qui constitue traditionnellement le cœur de l’exercice intellectuel. Le « tapis roulant » désigne alors ce mécanisme d’auto-accélération : plus l’IA nous soulage, plus nous sommes tentés de lui confier encore davantage, au risque d’atrophier les « muscles » mêmes de la pensée.</p>



<p>En dialogue explicite avec Ivan Illich et sa notion d’outils « conviviaux », Marion Carré propose une catégorie positive, celle d’IA conviviales. Celles-ci sont décrites comme : « des technologies qui nous laissent de l’espace, qui accompagnent sans contraindre, et qui se laissent façonner par leurs usagers plutôt que de les façonner. Elles s’inscriront dans une logique de soutien, de coopération et de liberté d’usage, permettant à chacun de les mobiliser selon ses propres finalités, à son rythme, et selon ses propres critères » (p. 199). Cette définition, à la fois normative et programmatique, déplace utilement le débat : la question centrale n’est pas de savoir s’il faut ou non utiliser l’IA, mais comment concevoir et cadrer des outils qui augmentent véritablement notre capacité d’agir et de réfléchir, au lieu de la court-circuiter. On retrouve ici des échos de Hartmut Rosa (sur l’accélération et la résonance) et de Georges Perec (sur l’attention à l’infra-ordinaire), explicitement mobilisés par l’autrice. Ces références ne sont pas de simples ornements savants : elles servent à ancrer la réflexion dans une tradition critique exigeante, qui interroge le rapport au temps, aux objets et aux gestes du quotidien.</p>



<p>L’un des traits les plus intéressants du livre réside dans la dimension autobiographique assumée. Marion Carré confie que : « ce cheminement est aussi celui que j’ai vécu au fil de la rédaction de ce livre vis-à-vis de mon propre rapport à cette technologie » (p. 202). L’essai ne se situe donc pas dans le surplomb, mais dans un travail de discernement en première personne : l’autrice décrit ses tentations de « gagner du temps » grâce à l’IA, ses essais, ses renoncements, et la manière dont elle a progressivement choisi de limiter certains usages pour préserver un espace de pensée propre. Cette honnêteté donne au livre une tonalité singulière : il ne s’agit pas d’un manuel de bonnes pratiques imposées de l’extérieur, mais d’un partage de lutte intérieure où le lecteur se reconnaît facilement.</p>



<p>Sur cette base, Carré articule deux niveaux de responsabilité. D&rsquo;une part, une exigence personnelle : chacun est invité à interroger ses habitudes, à reconnaître comment les outils IA forment un réseau de circonstances qui favorise la facilité, la délégation automatique, la dispersion, et à inventer des stratégies pour continuer à réfléchir, c’est-à-dire à s’humaniser. D&rsquo;autre part, une responsabilité collective et politique, qui passe par l’<em>ethics by design</em> : il ne suffit pas de prêcher l’ascèse individuelle si les architectures techniques et économiques continuent à pousser dans le sens inverse. L’autrice insiste sur la nécessité de dispositifs orientant la conception des IA vers la convivialité, la transparence et le respect de l’autonomie cognitive des usagers.</p>



<p>Plusieurs éléments font de ce livre une belle contribution. La clarté du diagnostic – avec cette métaphore parlante du tapis roulant qui permet de conceptualiser finement la combinaison de facilité, d’illusion de progrès et de perte d’effort que produisent certains usages de l’IA –, l&rsquo;ancrage théorique solide, l&rsquo;honnêteté intellectuelle, et l&rsquo;articulation du personnel et du politique.</p>



<p>On peut toutefois pointer quelques limites, qui sont aussi des pistes pour prolonger la réflexion. D&rsquo;un côté, les pistes d’action concrètes destinées aux institutions (écoles, universités, entreprises, administrations) restent parfois esquissées plus que pleinement développées. Le lecteur engagé dans des responsabilités éducatives ou politiques pourra souhaiter un outillage plus systématique, par exemple sous forme de cadres d’évaluation ou de scénarios d’usage. La réflexion s’ouvre sur la dimension collective et politique, mais gagnerait à dialoguer encore davantage avec les travaux de régulation internationale de l’IA (cadres juridiques, chartes de gouvernance, initiatives de recherche publique), afin de situer la proposition d’IA conviviales dans un écosystème normatif plus large. Ces réserves n’enlèvent rien à la qualité de l’ensemble, mais indiquent plutôt la nécessité d’un travail complémentaire, peut-être dans de futurs ouvrages ou dans des travaux à destination plus spécifiquement professionnelle ou universitaire.</p>



<p><em>Le Paradoxe du tapis roulant</em> est donc un essai pour qui cherche à penser l’intelligence artificielle non seulement en termes de performance ou de risque macro-technique, mais à partir de la micro-écologie de nos gestes de pensée. Marion Carré y montre que la véritable question n’est pas seulement : que peuvent faire ces outils ?, mais : que faisons-nous encore nous-mêmes quand nous les utilisons, et que voulons-nous continuer à faire de nos propres forces ? En articulant exigence personnelle et responsabilité collective, en appelant à des IA conviviales qui laissent de la place à la lenteur, à la maturation et à la liberté d’usage, en reconnaissant enfin avec honnêteté les tentations et les séductions de ces technologies, l’ouvrage offre une ressource précieuse pour les éducateurs, les concepteurs, les responsables politiques et, plus largement, pour tout lecteur soucieux de ne pas laisser l’IA décider à sa place de la forme de sa vie intellectuelle. Il nourrit, au meilleur sens du terme, un examen de conscience technologique : non pour renoncer aux outils, mais pour apprendre à s’en servir de manière à continuer de penser, de juger et de grandir en humanité.</p>



<p>En ligne sur <a href="https://www.editions-jclattes.fr/livre/le-paradoxe-du-tapis-roulant-9782709675109/">https://www.editions-jclattes.fr/livre/le-paradoxe-du-tapis-roulant-9782709675109/</a></p>
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		<title>L&#8217;Ecran, l&#8217;icône et le miroir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2025 06:35:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement social]]></category>
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					<description><![CDATA[Jacques-Benoît Rauscher, L&#8217;Ecran, l&#8217;icône et le miroir : Chercher Dieu dans un quotidien technologique, Desclée de Brouwer, Septembre 2025, 176 pages. Ce livre bref mais dense se situe à la croisée de la théologie spirituelle, de la morale chrétienne et &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/11/30/lecran-licone-et-le-miroir/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jacques-Benoît Rauscher, <em>L&rsquo;Ecran, l&rsquo;icône et le miroir : Chercher Dieu dans un quotidien technologique</em>, Desclée de Brouwer, Septembre 2025, 176 pages</strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img decoding="async" width="190" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/couv-LEcran-licone-et-le-miroir-190x300.jpg" alt="Couverture du livre L'Ecran, l'icône et le miroir" class="wp-image-981" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/couv-LEcran-licone-et-le-miroir-190x300.jpg 190w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/couv-LEcran-licone-et-le-miroir-649x1024.jpg 649w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/couv-LEcran-licone-et-le-miroir-768x1212.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/couv-LEcran-licone-et-le-miroir.jpg 830w" sizes="(max-width: 190px) 100vw, 190px" /></figure>



<p>Ce livre bref mais dense se situe à la croisée de la théologie spirituelle, de la morale chrétienne et d’un discernement très concret sur nos usages numériques. Contrairement à nombre d’essais récents sur l’intelligence artificielle ou le transhumanisme, Jacques-Benoît Rauscher ne se concentre ni sur les scénarios prospectifs ni sur les grands débats philosophiques abstraits : il s’attache explicitement au « monde du quotidien », à ces gestes ordinaires — consulter son smartphone, travailler en ligne, acheter, s’informer, se divertir, « se former » ou « se lier » en ligne — où se joue, sans bruit, une part décisive de la vie spirituelle.</p>



<p>L’intention programmatique est clairement énoncée : il s’agit de « caractériser lucidement les mutations de notre temps, écouter comment celles-ci permettent de recevoir à nouveau frais la parole que Dieu adresse au monde, et travailler les faiblesses ou les chantiers qu’elles mettent au jour dans notre réflexion chrétienne présente » (p. 14). Autrement dit, l’auteur ne se contente ni de dénoncer ni de bénir les technologies, mais cherche à en faire le lieu même d’un travail théologique : relire l’Écriture et la Tradition à la lumière des dispositifs numériques, et réciproquement, laisser ces ressources chrétiennes éclairer et juger nos pratiques.</p>



<p>La grande originalité de l’ouvrage tient à un dispositif méthodologique simple et très pédagogique, répété à chaque chapitre : l’écran, l’icône et le miroir. L’écran désigne le constat lucide du quotidien technologique : ce que nos dispositifs font concrètement à nos manières de travailler, de consommer, de nous informer, de désirer, de nous lier. L’icône ouvre un espace de relecture croyante : l’auteur met chaque situation en dialogue avec un ou plusieurs textes bibliques et des éléments de la Tradition, pour faire apparaître les tensions, appels et promesses. Le miroir propose enfin un discernement moral et spirituel : il s’agit d’identifier des marges concrètes de conversion, à la fois personnelles et communautaires. L’auteur propose ainsi une véritable méthode de discernement chrétien en contexte numérique : regarder en face notre réalité avec l’écran, prendre du recul avec l’icône, puis recevoir un appel à la conversion dans le miroir, où se réfléchissent nos responsabilités et celles de nos communautés.</p>



<p>L’ouvrage se déploie en sept chapitres, chacun consacré à un pan de notre vie numérique. Le premier chapitre traite de notre relation au smartphone. L’auteur analyse ensuite le télétravail et la porosité accrue entre sphère professionnelle et vie personnelle. À propos de l’information continue, le troisième chapitre souligne que l’Agneau dévoile le sens de l’histoire, et fait appel à une référence suggestive à Évagre le Pontique sur l’ennui et la tentation. Le quatrième chapitre sur les achats en ligne s’intéresse à l’accumulation de richesses. Le chapitre suivant aborde frontalement la question de la pornographie en ligne&nbsp;; le propos n’est pas lénifiant mais nuancé, structuré, exigeant. Le sixième chapitre s’intéresse ensuite s’intéresse aux connaissances en ligne et à l’apprentissage. Dans son dernier chapitre, l’auteur interroge la sociabilité numérique.</p>



<p>L’ouvrage se distingue par plusieurs contributions importantes. Il questionne théologiquement les mutations technologiques déjà à l’œuvre dans nos gestes les plus ordinaires. Il montre que la question est de savoir comment elle reconfigure l’attention, le travail, le désir, les relations, et donc la vie théologale.</p>



<p>Le projet central du livre est de « redire que la tradition chrétienne et catholique, même la plus ancienne, est susceptible de nous aider à désigner et repenser un certain nombre de caractéristiques de notre époque » (p. 115). En convoquant tour à tour l’Exode, l’Apocalypse, le récit d’Emmaüs, Augustin d’Hippone, Thomas d’Aquin…, l’auteur manifeste une grande confiance dans la capacité herméneutique de la Tradition.</p>



<p>Le triptyque écran / icône / miroir vaut bien au-delà des thématiques abordées&nbsp;: il fournit un schéma de discernement transférable à d’autres enjeux numériques (IA générative, jeux vidéo, métavers…). Regarder, relire, se convertir : telle est la dynamique proposée. On reconnaît là la marque d’un dominicain capable de tenir ensemble exigence intellectuelle et accompagnement pastoral. Le livre semble ainsi rassembler le fruit d’une expérience de terrain et de réflexions théologiques patiemment élaborées pour offrir un enseignement à la fois accessible et structuré sur quelques questions de notre temps.</p>



<p>Si le propos est d’abord personnel et ecclésial, l’auteur n’ignore pas les enjeux de justice et d’écologie. Il note ainsi qu’« il s’agirait aussi de souligner que ce bonheur matériel offert par les technologies de notre quotidien est disponible pour quelques-uns et qu’il a, à court, moyen et long terme, des conséquences en termes d’inégalités économiques et de désastres environnementaux » (p. 167).</p>



<p>En définitive, <em>L’Écran, l’icône et le miroir</em> offre une contribution précieuse à la théologie pratique du numérique. Loin de diaboliser ou de canoniser les technologies, Jacques-Benoît Rauscher prend acte de leur ambivalence et montre comment elles deviennent un lieu privilégié pour chercher Dieu dans un quotidien technologique.</p>



<p>Par sa méthode de discernement en trois temps, par la qualité de sa relecture biblique et traditionnelle, par son attention au concret des vies, ce livre rend de grands services à tous ceux — pasteurs, éducateurs, parents, laïcs engagés — qui cherchent à accompagner des fidèles plongés dans l’écosystème numérique. Il aide à articuler, de manière nuancée, les exigences de la vie spirituelle, les appels de la charité et les contraintes très réelles de nos environnements techniques.</p>



<p>Ouvrage : <a href="https://www.editionsddb.fr/product/131006/l-ecran-l-icone-et-le-miroir/">https://www.editionsddb.fr/product/131006/l-ecran-l-icone-et-le-miroir/</a></p>



<p><sub>Note déontologique : l’auteur est un ami.</sub></p>
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		<title>Rapport : L&#8217;IA dans les établissements scolaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 14:35:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
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					<description><![CDATA[IGÉSR, Rapport « L’intelligence artificielle dans les établissements scolaires, sur le plan administratif et pédagogique », mai 2025. En ligne sur https://www.education.gouv.fr/l-intelligence-artificielle-dans-les-etablissements-scolaires-450655 ; consulté le 25/11/2025 à 15h20. Le rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/11/26/rapport-lia-dans-les-etablissements-scolaires/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>IGÉSR, Rapport « L’intelligence artificielle dans les établissements scolaires, sur le plan administratif et pédagogique », mai 2025</strong>. En ligne sur <a href="https://www.education.gouv.fr/l-intelligence-artificielle-dans-les-etablissements-scolaires-450655">https://www.education.gouv.fr/l-intelligence-artificielle-dans-les-etablissements-scolaires-450655</a> ; consulté le 25/11/2025 à 15h20.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img decoding="async" width="212" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/igesr-rapport-24-25-016b-intelligence-artificielle-etablissements-scolaires-plan-administratif-et-pedagogique-212x300.png" alt="" class="wp-image-973" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/igesr-rapport-24-25-016b-intelligence-artificielle-etablissements-scolaires-plan-administratif-et-pedagogique-212x300.png 212w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/igesr-rapport-24-25-016b-intelligence-artificielle-etablissements-scolaires-plan-administratif-et-pedagogique-724x1024.png 724w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/igesr-rapport-24-25-016b-intelligence-artificielle-etablissements-scolaires-plan-administratif-et-pedagogique-768x1087.png 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/igesr-rapport-24-25-016b-intelligence-artificielle-etablissements-scolaires-plan-administratif-et-pedagogique.png 800w" sizes="(max-width: 212px) 100vw, 212px" /></figure>



<p>Le rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR), <em>Intelligence artificielle et établissements scolaires : plan administratif et pédagogique</em> (réf. 24-25-016B), s’inscrit dans un contexte de diffusion rapide des outils d’intelligence artificielle générative (IAG) dans la société et, de façon de plus en plus visible, dans les établissements scolaires. Il vise à dresser un état des lieux des usages de l’IA dans les écoles et établissements, à évaluer les opportunités et les risques, et à formuler des recommandations à la fois administratives et pédagogiques.</p>



<p>Le texte se situe explicitement à l’interface des politiques publiques (pilotage, régulation, sécurité, conformité juridique) et des pratiques de classe (pédagogie, évaluation, formation des personnels, relations éducatives). Il s’adresse donc autant aux équipes de direction, aux corps d’inspection et aux services académiques, qu’aux enseignants et formateurs engagés dans la transformation des pratiques.</p>



<p>Le rapport propose d’abord un état des lieux des usages de l’IA dans les établissements scolaires. Il souligne la grande hétérogénéité des pratiques : d’un côté, des équipes et des enseignants encore peu informés ou méfiants, de l’autre, des pionniers qui expérimentent des usages variés (aide à la préparation de cours, différenciation pédagogique, accompagnement à l’écriture, soutien à l’évaluation formative, etc.).</p>



<p>Cet état des lieux insiste aussi sur la dimension « souterraine » de certains usages : de nombreux élèves recourent à l’IA générative (pour rédiger, traduire, résumer, produire des contenus multimédias), parfois sans en comprendre les limites, et souvent sans que les enseignants soient en mesure d’identifier clairement les apports de l’outil. Ce décalage contribue à ce que le rapport nomme, explicitement ou implicitement, une forme de « spoliation cognitive » : l’élève peut déléguer à l’IA une part décisive du travail de pensée (recherche, structuration, rédaction), au risque de se voir dépossédé de sa propre activité intellectuelle.</p>



<p>Le rapport ne se contente pas de pointer les risques : il s’attache à évaluer les opportunités offertes par l’IA, à condition qu’elles soient intégrées dans un cadre éthique et pédagogique cohérent. Il insiste notamment sur la capacité des outils d’IA :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>à soutenir la différenciation pédagogique (proposer des exercices variés, adapter les supports à des profils d’élèves) ;</li>



<li>à faciliter certaines tâches de gestion et de préparation (génération de trames, de questions, d’exemples) ;</li>



<li>à nourrir des pédagogies de projet, à condition qu’elles soient véritablement construites autour d’une démarche collective et réflexive.</li>
</ul>



<p>Le rapport formule ici une thèse importante : « la question des outils est secondaire par rapport aux questions des usages et aux enjeux éthiques » (p. 25). Autrement dit, ce ne sont ni la puissance technique, ni la nouveauté des dispositifs qui doivent guider l’action éducative, mais les finalités poursuivies, la manière dont les outils sont mis en œuvre, et les valeurs qu’ils servent.</p>



<p>Un apport notable du rapport est de relier explicitement les usages d’IA à la gouvernance pédagogique des établissements. L’IGÉSR invite à inscrire la « place du numérique éducatif et de l’IA dans le projet d’établissement » (p. 8), ce qui revient à :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>articuler les choix technologiques avec les priorités éducatives (réussite de tous, prévention du décrochage, formation du jugement, éducation aux médias et à l’information, etc.) ;</li>



<li>éviter que l’IA ne soit un « add-on » marginal, ou au contraire une fuite en avant techniciste, détachée des enjeux pédagogiques réels ;</li>



<li>structurer un dialogue entre direction, équipes pédagogiques, élèves et familles sur les finalités et les limites d’une éducation augmentée par l’IA.</li>
</ul>



<p>Cette inscription dans le projet d’établissement est cohérente avec une perspective où l’IA n’est pas un simple gadget, mais un facteur de recomposition des pratiques, des représentations du savoir, et de la culture d’établissement.</p>



<p>Le rapport interroge directement les pratiques d’évaluation et la pédagogie, avec un diagnostic fort : l’introduction de l’IA rend caduque une culture trop centrée sur le produit final (copie, dossier, exposé), au détriment du processus d’apprentissage.</p>



<p>Une formule particulièrement significative l’exprime : « l’IA renforce l’importance du processus plutôt que l’évaluation du seul produit final sur lequel porte pourtant l’essentiel de la culture évaluative en éducation » (p. 27).<br>Autrement dit, si l’on veut éviter la triche assistée par IA, il ne suffit pas de mieux surveiller les copies ; il faut revoir la conception même des tâches, des critères d’évaluation, et de la place donnée au travail en cours (brouillons, étapes, relectures, interactions, oralisation des démarches, etc.).</p>



<p>Le rapport va jusqu’à affirmer que « la priorité donnée à la détection de la fraude occulte la nécessité plus prioritaire de développer une éducation pour une pratique éthique de l’IA » (p. 11). La lutte contre la fraude est certes légitime, mais lorsqu’elle devient l’axe dominant, elle risque :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>d’alimenter une culture de suspicion générale ;</li>



<li>de réduire l’IA à un ennemi à neutraliser ;</li>



<li>et surtout d’empêcher de former les élèves à une éthique de l’usage : discernement, vérification des sources, conscience des limites, responsabilité dans la co-production de contenus.</li>
</ul>



<p>En ce sens, le rapport appelle à une véritable conversion de la culture évaluative, où l’on passerait d’un contrôle du produit à une valorisation du cheminement intellectuel, de la réflexivité et du dialogue critique autour des productions (y compris assistées par IA).</p>



<p>L’un des mérites centraux du rapport est son insistance répétée sur le fait que « la question des outils est secondaire par rapport aux questions des usages et aux enjeux éthiques » (p. 25). Dans un paysage où l’on se focalise volontiers sur la performance des modèles, le type d’algorithme ou la course à l’innovation, cette hiérarchisation est salutaire.</p>



<p>Le rapport insiste en particulier sur la nécessité de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>former élèves et enseignants à l’analyse critique des réponses de l’IA (fiabilité, hallucinations, biais, stéréotypes…) ;</li>



<li>développer une culture de responsabilité qui évite la spoliation cognitive, c’est-à-dire l’abandon silencieux du travail intellectuel au profit d’une production immédiate, lisse mais superficielle ;</li>



<li>penser les outils d’IA comme des médiations et non des substituts, afin de préserver le rôle de la relation éducative et de la construction personnelle du savoir.</li>
</ul>



<p>Le rapport n’est pas seulement critique : il esquisse des pistes positives. Il souligne que « les outils IA peuvent renforcer la coopération et la cohésion, à condition d’être intégrés à une pédagogie de projet construite autour d’une approche collective » (p. 25).</p>



<p>Autrement dit, l’IA peut devenir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un instrument de co-écriture, où l’on discute, commente, corrige ce que propose le modèle ;</li>



<li>un support de débats interprétatifs (par exemple, confronter les réponses de l’IA à des sources savantes, ou aux propositions des élèves) ;</li>



<li>un outil pour répartir les tâches dans un projet collectif, en explicitant ce qui relève de l’humain (choix, argumentation, discernement) et ce qui peut être automatisé.</li>
</ul>



<p>Dans cette perspective, l’IA n’isole pas l’élève derrière son écran, mais devient un objet d’enquête et de discussion, un prétexte à travail coopératif. Elle peut ainsi contribuer à résister à une dissociation sociale que le rapport identifie comme un risque majeur : fragmentation des expériences, isolement des élèves face aux écrans, dilution des liens inter-personnels.</p>



<p>Le rapport emploie l’expression « les relations entre Homme et machine » (p. 17), qui peut être jugée malheureuse. En effet, elle tend à confondre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la relation, qui suppose réciprocité, reconnaissance et altérité personnelle ;</li>



<li>le rapport, qui renvoie à un type de lien fonctionnel, instrumental ou technique ;</li>



<li>la médiation, qui désigne ce par quoi une relation entre personnes est facilitée, enrichie ou parfois obstruée.</li>
</ul>



<p>Parler de « relation » entre un sujet humain et un dispositif algorithmique risque d’anthropomorphiser la machine et de minimiser la dimension proprement interpersonnelle de l’éducation. Une formulation plus précise (« rapports homme-machine », « médiations techniques dans les relations éducatives ») aurait permis de clarifier les enjeux, notamment pour un public enseignant déjà confronté aux dérives de la personnification des agents conversationnels.</p>



<p>De même, la formule « L’IA générative n’est fondamentalement pas créative&nbsp;» (p. 21) est problématique à plusieurs titres. On comprend la thèse de fond : l’IA génère du contenu par recombinaison statistique de données préexistantes, sans expérience vécue, sans intentionnalité ni responsabilité. D’un point de vue anthropologique et éthique, on peut donc soutenir qu’elle ne « crée » pas au sens fort (pas de subjectivité, pas de finalité interne, pas de sens assumé à priori).</p>



<p>Cependant, l’énoncé tel quel, sans nuances, prête le flanc à la critique :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>au niveau philosophique, il supposerait une définition très précise et consensuelle de la créativité – ce qui s’avère loin d’être le cas ;</li>



<li>au niveau didactique, il risque de déstabiliser des enseignants qui constatent empiriquement que les productions de l’IA peuvent être originales, surprenantes, voire heuristiques dans les processus d’apprentissage.</li>
</ul>



<p>Une formulation plus fine – par exemple en distinguant créativité « forte » (ancrée dans un sujet, une histoire, une responsabilité) et créativité « faible » (variations combinatoires, générativité formelle) – aurait permis de tenir ensemble la critique anthropologique et l’expérience pédagogique des usagers.</p>



<p>Le rapport souligne à plusieurs reprises le risque de « spoliation cognitive » : lorsque l’élève délègue systématiquement les tâches de compréhension, de reformulation et de structuration à l’IA, il se prive de l’exercice même par lequel se forme l’intelligence. L’outil, loin d’être un simple assistant, devient alors un substitut, au risque d’atrophier les capacités d’attention, de mémoire et de jugement.</p>



<p>Ce phénomène s’accompagne d’une possible dissociation sociale : les élèves les plus dotés en capital culturel, accompagnés par des adultes capables de leur apprendre un usage critique de l’IA, peuvent en faire un levier de réussite. À l’inverse, d’autres risquent de se contenter de réponses toutes faites, sans encadrement ni réflexivité, accentuant ainsi les inégalités de réussite et la fracture numérique.</p>



<p>Le rapport conclut – et c’est l’un de ses apports les plus structurants – que «&nbsp;l’IA renforce le besoin d’un lien fort entre école et recherche » (p. 32). Cette affirmation ouvre un horizon de travail qui dépasse largement la simple formation technique des enseignants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>associer davantage les équipes à des programmes de recherche-action, pour documenter les effets réels des usages d’IA en classe ;</li>



<li>nourrir la réflexion des établissements par des apports de sciences de l’éducation, de philosophie, de sociologie, de théologie (pour les établissements catholiques), afin d’éclairer les enjeux anthropologiques et éthiques ;</li>



<li>construire des outils d’analyse et des indicateurs qui ne se limitent pas aux performances, mais intègrent l’impact sur l’attention, la motivation, la qualité des interactions et le sens donné aux apprentissages.</li>
</ul>



<p>Cette insistance sur le lien école–recherche rejoint l’idée que l’IA n’est pas un « simple » outil, mais un révélateur de tensions profondes de l’école contemporaine : rapport au savoir, culture de l’évaluation, place du numérique, rôle de la communauté éducative.</p>



<p>En définitive, le rapport de l’IGÉSR offre une contribution substantielle et utile à la réflexion institutionnelle et pédagogique sur l’intelligence artificielle en milieu scolaire. On peut résumer ses apports principaux ainsi :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un <strong>état des lieux</strong> lucide des usages émergents, des inquiétudes (fraude, plagiat, inégalités, spoliation cognitive) et des attentes des acteurs ;</li>



<li>une <strong>évaluation des opportunités</strong>, qui insiste sur la coopération, la pédagogie de projet et la revalorisation des processus d’apprentissage ;</li>



<li>une <strong>interpellation directe des pratiques d’évaluation</strong> et, plus largement, de la culture pédagogique dominée par le produit fini ;</li>



<li>un <strong>recentrage éthique</strong> affirmant la primauté des usages, des finalités et de la formation au discernement, sur la fascination pour les outils eux-mêmes ;</li>



<li>une invitation structurante à inscrire la <strong>place du numérique éducatif et de l’IA dans le projet d’établissement</strong>, et à renforcer le <strong>lien entre école et recherche</strong>.</li>
</ul>



<p>Ses limites ne sont pas négligeables : quelques formulations discutables, un certain manque d’exemples disciplinaires fins, et une articulation encore à préciser entre recommandations nationales et marges d’initiative locales.</p>



<p>Mais ces fragilités ne diminuent pas la valeur du rapport comme cadre de travail pour les équipes de direction, les enseignants, les formateurs et les tutelles. Il constitue une base solide pour engager, dans chaque établissement, un travail de discernement et de refonte des pratiques, en refusant à la fois la diabolisation de l’IA et son adoption naïve. En ce sens, il contribue à ce que l’école ne soit ni dépossédée ni dépassée, mais devienne un lieu où l’IA est mise au service d’une véritable croissance humaine, intellectuelle et relationnelle.</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</title>
		<link>https://www.markert.fr/2025/11/19/lhomme-demantele-comment-le-numerique-consume-nos-existences/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lhomme-demantele-comment-le-numerique-consume-nos-existences</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:26:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Baptiste DETOMBE, L&#8217;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences, Perpignan, Artège, 2025, 237 p. Avec L’Homme démantelé — sélectionné pour le Prix essais de L’Incorrect 2025 et préfacé par Rémi Brague —, Baptiste Detombe propose un essai de &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/11/19/lhomme-demantele-comment-le-numerique-consume-nos-existences/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Baptiste DETOMBE, <em><a href="https://www.editionsartege.fr/product/132035/l-homme-demantele/">L&rsquo;Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</a></em>, Perpignan, Artège, 2025, 237 p.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="187" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image-187x300.jpg" alt="" class="wp-image-970" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image-187x300.jpg 187w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/11/image.jpg 512w" sizes="auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px" /></figure>



<p>Avec <em>L’Homme démantelé</em> — sélectionné pour le Prix essais de <em>L’Incorrect</em> 2025 et préfacé par Rémi Brague —, Baptiste Detombe propose un essai de critique radicale du numérique qui se situe à la croisée de la philosophie, de l’anthropologie et d’une réflexion implicite sur la pédagogie et la vie spirituelle.</p>



<p>L’ouvrage paraît dans un moment où les diagnostics alarmés sur les effets des écrans se multiplient (Desmurget, Patino, Sadin&#8230;), mais Detombe ne se contente pas d’ajouter une voix à un chœur déjà fourni : il cherche à penser la situation comme une véritable tragédie anthropologique, où se joue « le sacrifice d’une génération dévorée par l’ogre numérique ».</p>



<p>Le cœur de la thèse tient dans l’image de l’« homme démantelé » : loin d’un homme « augmenté », le numérique produit un sujet fragmenté, « atomisé », dont le temps, le corps, la pensée et la relation sont pulvérisés par les logiques d’hyper-connexion et de marchandisation de l’attention.</p>



<p>Le livre s’organise en chapitres thématiques qui suivent les grandes étapes de l’existence et les dimensions fondamentales de l’expérience humaine :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’enfance</strong>, privée d’émerveillement et d’innocence par l’exposition précoce aux écrans et l’immersion dans des univers numériques captateurs.</li>



<li><strong>La jeunesse</strong>, privée de sa « fougue » et de ses premières expériences réelles, substituées par des simulations et des interactions médiées par des plateformes.</li>



<li><strong>L’âge adulte</strong>, enfermé dans une insatisfaction chronique et la pression permanente de la performance, du <em>personal branding</em> et de la comparaison sociale.</li>



<li><strong>La vieillesse</strong>, disqualifiée comme « dépassée », marginalisée dans un monde dont les codes technologiques changent à une vitesse qui rend le legs de l’expérience difficilement audible.</li>
</ul>



<p>À ces analyses chronologiques, Detombe ajoute une lecture plus systémique de la condition contemporaine :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le <strong>temps est pulvérisé</strong> par les notifications, les flux infinis des réseaux sociaux, la culture de la disponibilité permanente ;</li>



<li>le <strong>corps est oublié</strong>, dans un univers présenté comme dématérialisé, alors que toute existence humaine est indépassablement incarnée ;</li>



<li>la <strong>pensée est menacée</strong> par la confusion entre information et savoir, par l’appauvrissement de l’imaginaire et par l’atrophie de l’attention soutenue.</li>
</ul>



<p>L’« homme numérique » voit ainsi sa singularité se dissoudre : enfermé dans ses « communautés » d’algorithmes, évalué en continu à l’aune de ses performances, il glisse « de sujet à objet », puis de personne à marchandise, selon une logique mercantile qui consomme simultanément le temps, l’intériorité et les liens.</p>



<p>Detombe adopte une posture <strong>philosophique et humaniste</strong>, nourrie de références explicites à Bernanos, Ellul, Debord, Simondon, mais aussi à Rémi Brague, dont la préface inscrit le propos dans une perspective où l’enjeu n’est pas seulement psychologique ou social, mais bien <strong>anthropologique et spirituel</strong>.</p>



<p>Son écriture conjugue trois registres :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Le diagnostic culturel</strong> : le numérique est saisi comme un milieu global qui reconfigure les temporalités, les relations, les formes d’autorité, le rapport au savoir.</li>



<li><strong>L’anthropologie implicite</strong> : l’auteur défend une vision de l’homme comme être de lenteur, d’ennui, d’inquiétude créatrice, d’émerveillement, de gratuité. Ce sont précisément ces dimensions que l’« ogre numérique » détruit méthodiquement.</li>



<li><strong>L’appel au discernement</strong> : sans prôner la déconnexion totale, Detombe invite à une <strong>résistance douce</strong>, une « désobéissance » au normatif technologique, par la reconquête d’une souveraineté intérieure.</li>
</ol>



<p>On retrouve ainsi les grandes lignes de la critique de la « société technicienne » (Ellul), de la « société du spectacle » (Debord) ou de la critique du transhumanisme, mais transposées à l’ère des plateformes, de l’économie de l’attention et des réseaux sociaux.</p>



<p>L’ouvrage ne s’en tient pas à un constat catastrophiste. Dans sa dernière partie, Detombe esquisse plusieurs <strong>ressources de résistance</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La culture</strong> : comme moyen de sortir de soi, de réapprendre la lenteur et la distance critique, de se confronter à des œuvres qui excèdent l’instantanéité des contenus numériques.</li>



<li><strong>La singularité du christianisme</strong> : évoquée comme « religion de l’incarnation », elle rappelle que l’homme n’est pas code ou flux, mais chair, histoire, visage. L’incarnation est ici invoquée comme antidote à la tentation d’une existence entièrement médiée par des interfaces.</li>



<li><strong>La décision politique</strong> : l’auteur refuse de réduire la question au seul registre de l’hygiène personnelle. La régulation des plateformes, la protection des enfants, le statut des données, la place du numérique à l’école sont saisis comme des enjeux proprement politiques.</li>



<li><strong>La vie intérieure et l’espérance</strong> : Detombe insiste enfin sur la nécessité d’une vie intérieure ouverte à l’espérance, contre la dispersion et la saturation informationnelle. Il s’agit de retrouver silence, prière ou méditation, et de reconsidérer l’ennui comme espace de fécondité plutôt que comme vide à combler.</li>
</ul>



<p>Cette quadruple ressource (culture, foi, politique, intériorité) donne à l’essai une tonalité singulière par rapport à d’autres critiques du numérique : il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de suggérer les contours d’une <strong>reconstruction anthropologique</strong>.</p>



<p>On peut souligner plusieurs forces majeures :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La puissance des images et du style</strong>. L’expression d’« ogre numérique » ou la formule selon laquelle « l’homme numérique n’est pas augmenté, il est atomisé » condensent, en quelques mots, un diagnostic complexe sur la fragmentation de l’expérience contemporaine. Le style reste accessible, sans jargon, tout en s’autorisant des références exigeantes, ce qui rend le livre lisible par un large public (parents, enseignants, responsables pastoraux) sans sacrifier la densité intellectuelle.</li>



<li><strong>La profondeur anthropologique</strong>. Là où une partie de la littérature se focalise sur les performances scolaires, les troubles de l’attention ou les risques d’addiction, Detombe s’intéresse à ce que le numérique fait à l’<strong>émerveillement</strong>, à l’ennui, à la gratuité du jeu, à la qualité de la rencontre. En ce sens, l’essai rejoint des préoccupations proches de Desmurget ou Patino, mais en les articulant davantage à des questions d’âme, de vocation, de sens de la vie.</li>



<li><strong>L’ouverture spirituelle et éducative</strong>. En invoquant explicitement la culture et le christianisme comme ressources, l’ouvrage ouvre un espace de dialogue précieux pour les milieux éducatifs et ecclésiaux : comment former des sujets capables de résister à la normativité numérique, non par simple rejet de la technique, mais par un patient apprentissage d’une autre manière d’habiter le monde ?</li>
</ul>



<p>Les pistes de sortie proposées – culture, incarnation, politique, intériorité – sont plus <strong>programmatiques qu’opérationnelles</strong>. On aurait pu souhaiter, notamment pour le champ éducatif, des déclinaisons plus concrètes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>quelles politiques numériques à l’école ?</li>



<li>quels dispositifs communautaires pour soutenir les familles ?</li>



<li>quels critères éthiques pour l’usage raisonné des technologies plutôt qu’une simple opposition symbolique ?</li>
</ul>



<p>De même, si l’auteur se réfère à de grands noms de la critique sociale, le dialogue avec les travaux empiriques de psychologie, de sociologie de la jeunesse ou des usages numériques reste en arrière-plan ; l’essai assume davantage une posture de <strong>philosophe moral</strong> qu’un statut de recherche au sens académique strict.</p>



<p>Malgré ces limites, <em>L’Homme démantelé</em> constitue une contribution importante au champ des réflexions sur le numérique, en particulier pour ceux qui travaillent à l’articulation entre <strong>anthropologie, éducation et spiritualité</strong>.</p>



<p>Pour les chercheurs en sciences de l’éducation, en éthique de la technologie ou en théologie pratique, l’ouvrage offre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un <strong>cadre narratif fort</strong> – la figure de « l’homme démantelé » – pour penser les effets du numérique au-delà des seuls indicateurs quantitatifs ;</li>



<li>une insistance salutaire sur des catégories souvent négligées par les discours technophiles : émerveillement, ennui, gratuité, intériorité, incarnation ;</li>



<li>un appel à intégrer la dimension <strong>politique et spirituelle</strong> dans les débats sur la régulation des technologies.</li>
</ul>



<p>Pour les praticiens (parents, enseignants, éducateurs, responsables pastoraux), il fonctionne comme un <strong>outil de prise de conscience</strong> et de mise en mots : il aide à nommer ce qui se joue dans la fatigue attentionnelle, la dispersion, la perte de profondeur des relations, et à légitimer des choix contre-culturels (limitation des écrans, valorisation de la lecture, des jeux libres, de la pratique artistique, etc.).</p>



<p>En définitive, <em>L’Homme démantelé : Comment le numérique consume nos existences</em> est un essai dense, vigoureux, parfois sombre, mais profondément humaniste. Baptiste Detombe y dissèque avec une grande clarté les ravages d’un numérique pensé avant tout comme marché de l’attention et instrument de formatage des subjectivités, tout en refusant de s’en tenir à la dénonciation. En convoquant la culture, l’incarnation chrétienne, la décision politique et la vie intérieure comme lieux de ressaisissement, il invite à renouer avec une plénitude fondatrice de l’humain, faite de lenteur, de présence, de responsabilité et d’espérance. On pourra discuter le ton alarmiste ou la part de nostalgie, mais difficile de ne pas entendre l’avertissement : si nous ne voulons pas devenir des « hommes démantelés », il nous faut repenser en profondeur notre manière de vivre avec les écrans, non comme une simple question d’outils, mais comme un enjeu d’anthropologie intégrale.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Chrétien à l&#8217;heure du numérique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Jay Y. Kim, Le chrétien à l’ère du numérique : Cultiver le fruit de l’Esprit pour une vie de contentement, de résilience et de sagesse, Philippe Malidor &#38; Dan Kimball (trad.), Paris, Excelsis, 2024, 252 p. Dans un monde marqué &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/06/27/le-chretien-a-lheure-du-numerique/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jay Y. Kim, <em>Le chrétien à l’ère du numérique : Cultiver le fruit de l’Esprit pour une vie de contentement, de résilience et de sagesse</em></strong>, Philippe Malidor &amp; Dan Kimball (trad.), Paris, Excelsis, 2024, 252 p.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601-200x300.jpg" alt="" class="wp-image-958" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601-200x300.jpg 200w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601.jpg 667w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p>Dans un monde marqué par l’accélération technologique et la marchandisation de l’attention, l’ouvrage de Jay Y. Kim, pasteur à WestGate Church (Silicon Valley), vient rappeler la nécessité d’un enracinement spirituel profond et résilient. Auteur de <em>Analog Church</em> et <em>Analog Christian</em>, Kim poursuit ici une même démarche : réconcilier la vie de foi et les défis concrets posés par les environnements numériques.</p>



<p>L’ouvrage est une réflexion pastorale et biblique, articulée autour du fruit de l’Esprit (<a href="https://www.aelf.org/bible/Ga/5">Galates 5</a>,22), pour répondre aux effets déstructurants des écrans sur l’attention, la présence à soi, la relation à autrui et la vie spirituelle.</p>



<p>Le livre est divisé en trois parties, chacune correspondant à une vertu clef : le contentement, la résilience et la sagesse. Chaque partie décrit les pathologies numériques associées (indignation, comparaison, distraction, impulsivité&#8230;) et propose des pratiques de transformation inspirées de la vie spirituelle chrétienne.</p>



<p>Parmi les thèmes majeurs :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’attention comme ressource sacrée et spirituelle, malmenée par le scroll infini.</li>



<li>Le désir d’immédiateté opposé à la patience et à l’ancrage dans le réel.</li>



<li>La comparaison sociale induite par les réseaux et la perte de l’identité christocentrique.</li>



<li>La présence incarnée et les pratiques spirituelles lentes (prériode, jeûne, silence, attention à l’autre).</li>
</ul>



<p>L&rsquo;auteur s’appuie sur des observations pastorales, des analyses culturelles et une solide connaissance biblique, offrant une méthodologie réflexive, nourrie de témoignages et de figures inspirantes. L’ouvrage s’inscrit dans un courant croissant de théologie pratique critique face au numérique (James K. A. Smith, Andy Crouch&#8230;). Il ne se limite pas à une simple opposition technophobe : il propose une conversion de l’usage, par une rééducation spirituelle du regard, de l’attention et du rapport à la vérité.</p>



<p>Il soulève des questions majeures :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Comment enseigner l’attention comme vertu dans un monde marchand de l’attention ?</li>



<li>Comment former à une vie spirituelle incarnée, lente, patiente ?</li>



<li>Comment distinguer prudence technologique et discipline spirituelle ?</li>
</ul>



<p>L&rsquo;ouvrage offre une articulation remarquable entre diagnostic culturel, sagesse biblique et vision pastorale. Il propose des chapitres accessibles, agrémentés d’exemples concrets et de récits incarnés. Il met en œuvre une réflexion propice à une éthique chrétienne du numérique et de l’attention (cf. p. 56, la réflexion qui fait penser à un célèbre passage de Saint Augustin : voir <a href="https://catechese.catholique.fr/outils/propositions-celebrations-liturgiques/325628-bien-tard-je-tai-aimee-priere-saint-augustin/"><em>Les Confessions</em> 10, 27</a>). Toutefois ce livre est moins opérationnel pour les éducateurs car les propositions restent souvent à l’échelle de la personne. De plus, j&rsquo;aurais apprécié une approche plus structurée en termes d’outils pour la catéchèse ou la formation scolaire.</p>



<p>L’ouvrage aide à penser une littératie spirituelle de l’attention dans les contextes éducatifs chrétiens : non pas apprendre à maîtriser la technologie, mais à discerner ce qu’elle produit en nous : « Le problème, ce n&rsquo;est pas la technologie. Le problème, c&rsquo;est nous. » (p. 19)</p>



<p>Jay Y. Kim signe ici un ouvrage d’une grande actualité, à la fois profond et accessible. <em>Le chrétien à l’ère du numérique</em> constitue une référence utile pour penser les pratiques spirituelles et éducatives à l’ère du scroll, du zapping et de la comparaison sociale. Son apport est précieux pour les pasteurs, catéchètes, éducateurs chrétiens et tous ceux qui cherchent à conjuguer sagesse ancienne et modernité connectée.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tactique du diable</title>
		<link>https://www.markert.fr/2025/06/13/tactique-du-diable/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=tactique-du-diable</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jun 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Clive Staples Lewis, Tactique du diable : Lettres d’un vétéran de la tentation à un novice, Empreinte Temps Présent, 2010 Publié en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, The Screwtape Letters de C.S. Lewis s’inscrit dans un double contexte : &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/06/13/tactique-du-diable/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Clive Staples Lewis, <em>Tactique du diable : Lettres d’un vétéran de la tentation à un novice</em>, Empreinte Temps Présent, 2010</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/couv-Tactique-du-diable-200x300.jpg" alt="" class="wp-image-956" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/couv-Tactique-du-diable-200x300.jpg 200w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/couv-Tactique-du-diable.jpg 665w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p>Publié en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, <em>The Screwtape Letters</em> de C.S. Lewis s’inscrit dans un double contexte : celui, historique, d’un monde déchiré par le conflit mondial, et celui, personnel, d’un auteur fraîchement converti au christianisme anglican, désireux d’explorer la dynamique spirituelle du bien et du mal dans l’âme humaine. Lewis, professeur à Oxford puis à Cambridge, s’impose dans cette œuvre comme l’un des grands apologètes chrétiens du XXe siècle, combinant profondeur théologique, acuité psychologique et art du récit.</p>



<p>Sous la forme d’une série de 31 lettres fictives, un démon supérieur, Screwtape, conseille son neveu Wormwood dans l’art de faire chuter un « patient » humain. Ce procédé littéraire original inverse la perspective morale, obligeant le lecteur à décrypter les lettres « à rebours » : l&rsquo; « Ennemi » est Dieu, « Notre Père » est Satan. Lewis montre comment le péché s’insinue non par le spectaculaire mais par l’ordinaire : habitude, distraction, confort spirituel, oubli de la prière. La tentation est décrite comme une pente douce, imperceptible, bien plus efficace que la violence. L&rsquo;auteur met ainsi en place une structure progressive et une pédagogie de la lucidité : « Le chemin le plus sûr pour l’enfer est celui qui y mène progressivement – la pente douce, bien feutrée, sans virages trop brusques… »</p>



<p>Théologiquement, l’ouvrage explore le mystère de la liberté humaine, la grâce, le rôle des affections désordonnées, la foi vécue au quotidien – « L’essentiel est de diriger toute sa malveillance contre ses voisins les plus proches. » – , et surtout l’amour désintéressé de Dieu – incompréhensible pour les démons. Littérairement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une satire spirituelle d&rsquo;une rare efficacité : Lewis mobilise ironie, intelligence et élégance stylistique pour mettre le lecteur en alerte. Le ton, à la fois caustique et paternel, rend la lecture ludique et profonde.</p>



<p>Le livre a été salué dès sa parution pour son originalité formelle et sa profondeur morale. Il est aujourd’hui considéré comme un classique de la littérature chrétienne. Des critiques ont noté qu’il pouvait parfois être exigeant pour un lecteur non averti, en raison de l’inversion permanente des repères moraux. Cependant, cette difficulté constitue aussi la richesse de l’œuvre : le renversement oblige à une lecture active et à une introspection personnelle.</p>



<p>Lewis démontre une remarquable prescience sur la sécularisation, la fragmentation de l’attention et la religion du confort : « Une religion modérée vaut tout autant pour nous que pas de religion du tout, et c’est bien plus amusant. » Son œuvre s’applique encore aujourd’hui à une société marquée par la distraction numérique, le relativisme éthique et la perte du sens de l’intériorité.</p>



<p><em>Tactique du diable</em> est un chef-d&rsquo;œuvre d&rsquo;apologétique déguisée, à la fois drôle, profond et accessible. Par une inversion brillante des points de vue, C.S. Lewis propose au lecteur un miroir de ses propres luttes intérieures. Il s&rsquo;agit autant d’un manuel de vigilance spirituelle que d’un traité implicite de psychologie morale. À recommander autant aux croyants en quête de discernement qu’aux lecteurs curieux des structures invisibles de la tentation.</p>
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		<title>Contact</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Matthew B. CRAWFORD,&#160;Contact : Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver, traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Saint-Upéry et Christophe Jacquet, Paris, La Découverte, coll. «&#160;Poche&#160;», 2024 (2019), 350 p. Avec Contact, Matthew B. Crawford prolonge la &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/05/30/946/">Lire la suite­­</a>]]></description>
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<p><strong>Matthew B. CRAWFORD,&nbsp;<a href="https://www.editionsladecouverte.fr/contact-9782348054747">Contact : Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver</a>, traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Saint-Upéry et Christophe Jacquet, Paris, La Découverte, coll. «&nbsp;Poche&nbsp;», 2024 (2019), 350 p.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="198" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/contact-198x300.jpg" alt="" class="wp-image-945" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/contact-198x300.jpg 198w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/contact-674x1024.jpg 674w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/contact-768x1166.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/contact.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px" /></figure>



<p>Avec <em>Contact</em>, Matthew B. Crawford prolonge la réflexion engagée dans <em><a href="https://www.markert.fr/2025/05/02/eloge-du-carburateur/">Éloge du carburateur</a></em> (2009) sur la dévalorisation du travail manuel et de l’expérience incarnée dans nos sociétés technicisées. Philosophe et mécanicien de formation, Crawford se situe à la croisée d’une critique des illusions de l’autonomie libérale, d’un rejet de l’abstraction cognitive promue par les interfaces numériques, et d’un plaidoyer pour une éducation sensorimotrice ancrée dans le réel. Cet essai explore la manière dont les individus, soumis à des environnements conçus pour capter leur attention et filtrer leur rapport au monde, peuvent réapprendre à habiter le monde.</p>



<p>L’ouvrage s’articule autour d’un double diagnostic : d&rsquo;une part, une crise de l’attention, dans un monde saturé de stimulations visuelles, sonores et informationnelles ; l’individu devient cible de marketing attentionnel plus que sujet moral. D&rsquo;autre part, une désincarnation du savoir, via la délégation croissante de nos gestes à des dispositifs automatisés, affaiblissant la compétence et la perception directe. En réponse, Crawford propose une série d’analyses où il articule expérience incarnée, autonomie pratique, et construction de la subjectivité à travers le contact avec la matière : orgues à tuyaux, plan de travail en cuisine professionnelle, atelier de réparation de motos, escrime&#8230; Ces exemples nourrissent une pensée de la normativité qui n’est pas imposée de l’extérieur, mais émergente des situations concrètes. La réflexion s’organise en six chapitres, encadrés par une introduction et une conclusion. Chaque chapitre croise des récits personnels, des analyses phénoménologiques (notamment inspirées de Merleau-Ponty et d’Arendt), des références classiques (Kant, Aristote), et des critiques contemporaines de la société de l’information.</p>



<p>L’originalité de Crawford tient à sa capacité à faire dialoguer plusieurs registres : la philosophie morale et politique, en questionnant la conception moderne de l’individu autonome ; la phénoménologie de la perception et de l’action, pour repenser l’attention comme une pratique engageant le corps ; la critique sociale, centrée sur l’économie de l’attention, l’aliénation cognitive, et l’architecture numérique des environnements contemporains.</p>



<p>Le style est clair, souvent narratif, sans sacrifier la rigueur. Il s’adresse autant à un public universitaire qu’à des lecteurs engagés dans les débats sur l’éducation, la technique ou l’écologie.</p>



<p>Cet essai philosophique est un plaidoyer puissant pour une réhabilitation de l’attention — « L’attention est une ressource limitée ; elle peut être exploitée. » constitue le diagnostic fondamental de l’économie cognitive contemporaine —, du geste, de la lenteur, et de la matérialité. Il présente également une critique nuancée de la technique : ni technophobie ni utopisme numérique. Il offre surtout une réflexion nourrie par des exemples concrets et incarnés.</p>



<p>Toutefois, ce livre tend à idéaliser les métiers manuels et l’artisanat sans toujours penser leur insertion dans des structures économiques plus larges. Sa critique sociale reste partielle : Crawford ne développe pas une analyse systémique des pouvoirs qui structurent l’économie numérique. Enfin, le lien entre l’éthique de l’attention et les enjeux politiques (communs, institutions, justice sociale) pourrait être approfondi.</p>



<p>L&rsquo;auteur affirme que « nous avons besoin d’environnements qui forment, non qui distraient. » Une perspective éducative qui traverse l’ouvrage et qui donne à penser sur la façon dont nous accompagnons la croissance de nos enfants et nos élèves, par exemple avec la démarche ATOLE – « ATtentif à l’écOLE » de Jean-Philippe LACHAUX (INSERM). <em>Contact</em> s’avère précieux pour les chercheurs en philosophie de l’éducation, en éthique de la technologie et en sciences sociales critiques. Il permet de repenser l’attention non comme une compétence individuelle à développer mais comme une relation éthique au monde, nécessitant des environnements structurants. En ce sens, il prolonge les interrogations contemporaines sur la formation intégrale, l’ergonomie cognitive, et la critique des interfaces.</p>



<p>Matthew B. Crawford signe avec <em>Contact</em> une œuvre exigeante, incarnée et philosophiquement stimulante. En interrogeant la condition attentionnelle de l’homme contemporain, il ouvre une voie originale vers une écologie du geste et une éthique du réel. Ce livre contribue à la refondation nécessaire d’une culture de la présence et de la responsabilité, face aux logiques d’abstraction, de fluidité et de distraction qui structurent nos sociétés numériques.</p>



<ol start="6" class="wp-block-list">
<li></li>
</ol>
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		<title>Éloge du carburateur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 06:43:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Matthew B. CRAWFORD, Éloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Fidel, Paris, La Découverte, coll. « Poche », 2024 (titre original : Shop Class as Soulcraft, 2009). Dans un monde &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/05/02/eloge-du-carburateur/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Matthew B. CRAWFORD, <em><a href="https://www.editionsladecouverte.fr/eloge_du_carburateur-9782707181978">Éloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail</a></em>, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Fidel, Paris, La Découverte, coll. « Poche », 2024 (titre original : <em>Shop Class as Soulcraft</em>, 2009).</strong></p>



<div class="wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="197" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/9782707181978-197x300.jpg" alt="" class="wp-image-934" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/9782707181978-197x300.jpg 197w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/9782707181978-673x1024.jpg 673w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/9782707181978-768x1169.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/05/9782707181978.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px" /></figure>



<p>Dans un monde dominé par la virtualisation croissante du travail, la quête de sens dans les activités professionnelles devient un enjeu majeur. Avec <em>Éloge du carburateur</em>, Matthew B. Crawford, philosophe de formation et mécanicien de métier, propose un essai percutant qui plaide pour une revalorisation du « savoir-faire manuel et du rapport qu&rsquo;il crée avec le monde matériel et les objets de l&rsquo;art » (p. 8). Loin de toute nostalgie artisanale, l’ouvrage développe une réflexion profonde sur la nature du travail, la connaissance incarnée, la responsabilité, et la manière dont notre agir pratique peut redevenir un lieu d’excellence intellectuelle et morale.</p>



<p>L’auteur centre sa réflexion sur « l’expérience de ceux qui s’emploient à fabriquer ou réparer des objets » (p. 10), comme les mécaniciens, électriciens, menuisiers ou artisans. Il conteste l’idée selon laquelle la valeur d’un métier se mesure à son degré d’abstraction. Pour Crawford, les métiers manuels mobilisent une forme d’intelligence contextuelle, expérimentale, et réflexive, qui dépasse en complexité bien des tâches dites « intellectuelles ».</p>



<p>Crawford inscrit son propos dans une tradition phénoménologique qui valorise le rapport direct au réel : les objets résistent, obligent à réajuster les gestes, à interpréter, à apprendre de l’échec. Cette dynamique est aussi, écrit-il, une « éthique de l’entretien et de la réparation » (p. 13), qui implique attention, souci du détail et responsabilité. Il voit là « un mouvement qui répond à un besoin plus profond : le désir de rendre notre univers intelligible afin de pouvoir nous en sentir responsables » (p. 14).</p>



<p>Ce lien entre compréhension et engagement rappelle une intuition aristotélicienne fondamentale : <em>« Le manque d’expérience diminue notre capacité d’adopter une vue d’ensemble […] ceux que leur engouement pour les discussions abstraites a rendus incapables d’observer les faits correctement sont excessivement enclins à dogmatiser »</em> (Aristote, <em>De la génération et de la corruption</em>, 316a 5-9).</p>



<p>L’un des apports majeurs du livre est sa tentative de redéfinir l’agir humain : ni pure exécution, ni expression subjective, mais engagement réfléchi dans une activité finalisée. Crawford écrit en ce sens : <em>« Le concept d’agir humain que j’ai essayé d’illustrer dans cet ouvrage est différent. Il s’agit bien d’une activité orientée vers une fin qui est affirmée comme bonne par l’agent, mais cette affirmation n’a rien d’arbitraire ou de strictement privé. »</em> (p. 238)</p>



<p>Cela implique une prise de responsabilité éthique et cognitive, fondée sur l’expérience et l’attention à ce qui est réel, et non sur des procédures standardisées ou des prescriptions idéologiques.</p>
</div>



<p>L’ouvrage a été salué pour son originalité, son ton personnel et la richesse de ses analyses. Crawford réussit à tisser un lien entre la philosophie morale, la sociologie du travail, et l’expérience artisanale, donnant ainsi chair à un projet intellectuel cohérent et stimulant. Il rejoint en cela les travaux de Richard Sennett (<em>Ce que sait la main</em>) ou encore d’Ivan Illich (<em><a href="https://www.markert.fr/2024/11/22/la-convivialite/">La Convivialité</a></em>).</p>



<p>Le livre offre également une critique puissante du monde managérial et de la rationalisation du travail. Il dénonce un système qui valorise la conformité et la procédure au détriment du jugement personnel et de l’excellence pratique. Ce diagnostic rejoint celui d’auteurs comme Christophe Dejours ou Pierre-Yves Gomez, qui dénoncent également la déshumanisation du travail contemporain par les logiques de performance et de fragmentation.</p>



<p>Toutefois, certains critiques relèvent d&rsquo;une idéalisation du métier manuel, qui pourrait faire abstraction des conditions concrètes d’exercice (précarité, fatigue, sous-valorisation sociale). Par ailleurs, Crawford ne développe que peu de pistes politiques concrètes pour réconcilier travail manuel et valorisation institutionnelle dans un système économique globalisé.</p>



<p>À l’heure où les métiers artisanaux connaissent une nouvelle reconnaissance et où les crises sanitaires et environnementales appellent à repenser nos modes de production, de consommation et de travail, l’ouvrage de Crawford offre un cadre intellectuel puissant pour redonner du sens à l’activité humaine. Il invite aussi à repenser la place de la transmission, de la lenteur, et du rapport au réel dans l’éducation.</p>



<p><em>Éloge du carburateur</em> est un essai majeur sur la valeur existentielle et morale du travail concret, écrit dans une prose claire, incarnée, et nourrie d’une culture philosophique exigeante. Crawford n’offre pas un simple plaidoyer pour le travail manuel, mais une critique globale de notre rapport à l’activité, au monde et à nous-mêmes.</p>
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		<title>Theological Anthropology and the Possibility of Human-Level Artificial Intelligence: Rethinking Human Distinctiveness and the imago Dei</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Marius DOROBANȚU, Theological Anthropology and the Possibility of Human-Level Artificial Intelligence: Rethinking Human Distinctiveness and the imago Dei, Université de Strasbourg, 2020. La thèse de Marius Dorobanțu, soutenue à l’Université de Strasbourg en 2020 sous la direction de Marie-Jo Thiel, &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/04/04/theological-anthropology-and-the-possibility-of-human-level-artificial-intelligence-rethinking-human-distinctiveness-and-the-imago-dei/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Marius DOROBANȚU, <em>Theological Anthropology and the Possibility of Human-Level Artificial Intelligence: Rethinking Human Distinctiveness and the imago Dei</em>, Université de Strasbourg, 2020.</strong></p>



<p>La thèse de Marius Dorobanțu, soutenue à l’Université de Strasbourg en 2020 sous la direction de Marie-Jo Thiel, s’inscrit dans un champ de recherche émergent à l’intersection de l’anthropologie théologique et de l’intelligence artificielle (IA). Son objectif est d’examiner la possibilité d’une intelligence artificielle générale (AGI) atteignant un niveau cognitif comparable à celui des humains et d’interroger les implications d’un tel développement sur la notion chrétienne de l’<em>imago Dei</em>, c’est-à-dire l’image de Dieu en l’homme.</p>



<p>Ce travail se distingue par son approche interdisciplinaire combinant théologie, philosophie de l’esprit et sciences cognitives. L’auteur interroge la singularité humaine face à la montée des technologies intelligentes et cherche à déterminer si une IA avancée pourrait remettre en cause le statut ontologique et théologique de l’homme. Il propose en réponse un modèle relationnel de l’<em>imago Dei</em>, soulignant la relationalité comme critère distinctif de l’humanité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Thèses principales et démarche de l’auteur</h2>



<p>Dorobanțu commence par analyser les différentes interprétations théologiques de l’<em>imago Dei</em>, en particulier :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’interprétation substantielle, qui identifie l’image de Dieu avec des facultés humaines spécifiques (raison, conscience, libre arbitre).</li>



<li>L’interprétation fonctionnelle, qui relie l’<em>imago Dei</em> à la capacité humaine de dominer la nature.</li>



<li>L’interprétation relationnelle, qui met l’accent sur la relation entre Dieu, l’homme et autrui.</li>



<li>L’interprétation eschatologique et christologique, qui considère l’image divine comme une finalité à atteindre dans l’union avec le Christ.</li>
</ul>



<p>Ces modèles traditionnels sont-ils compatibles avec l’émergence d’une IA qui posséderait une intelligence comparable à celle des humains ?</p>



<p>L’auteur engage ensuite un dialogue entre théologie et sciences cognitives pour examiner la possibilité d’une AGI. Il passe en revue :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les théories computationnelles de l’esprit, qui assimilent l’intelligence humaine à un traitement algorithmique de l’information.</li>



<li>Les critiques philosophiques de l’IA, notamment celles de John Searle (expérience de pensée de la chambre chinoise) et Hubert Dreyfus, qui montrent les limites des machines en termes de compréhension et d’intentionnalité.</li>



<li>Les perspectives émergentes en neurosciences et IA, qui cherchent à modéliser des formes d’intelligence non strictement computationnelles.</li>
</ul>



<p>Pour Dorobanțu, les systèmes d’IA actuels n’atteignent pas une véritable autonomie cognitive ni une subjectivité. La conscience artificielle reste une hypothèse spéculative. Face à l’incapacité actuelle de l’IA à développer une conscience relationnelle, Dorobanțu propose une réévaluation du concept de l’<em>imago Dei</em>. Il soutient que l’aspect distinctif de l’être humain ne réside pas uniquement dans la cognition ou la rationalité, mais dans sa capacité relationnelle. L’<em>imago Dei</em> est définie par la manière dont les humains interagissent avec Dieu et avec autrui.</p>



<p>Une IA pourrait éventuellement simuler des interactions sociales, mais elle ne posséderait pas la <em>vulnérabilité</em> et l’<em>engagement authentique</em> qui caractérisent l’humanité.</p>



<p>Cette approche rejoint les travaux de Jürgen Moltmann et Karl Barth, qui mettent l’accent sur la relation comme fondement de l’image divine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réception et critiques</h2>



<p>L’un des grands mérites de cette thèse est son approche pluridisciplinaire, qui associe :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une analyse théologique approfondie des différentes conceptions de l’<em>imago Dei</em>.</li>



<li>Une discussion philosophique des théories de l’esprit et de l’intelligence artificielle.</li>



<li>Une prise en compte des avancées scientifiques en neurosciences et en IA.</li>
</ul>



<p>Contrairement à Noreen Herzfeld (<em>In Our Image: Artificial Intelligence and the Human Spirit</em>), qui adopte une vision plus ouverte sur une possible hybridation homme-machine, Dorobanțu reste prudent et insiste sur la relationalité comme limite essentielle. En dialogue avec Jean Ladrière, qui voit dans la technique un prolongement de l’humanité, il questionne plutôt les ruptures que pourrait induire une AGI.</p>



<p>Si la réflexion sur l’AGI est stimulante, elle repose sur des scénarios hypothétiques, étant donné que l’IA actuelle est encore loin d’atteindre un niveau de conscience humaine. Certains critiques pourraient ainsi juger prématuré de tirer des conclusions théologiques sur un phénomène encore largement spéculatif.</p>



<p>Bien que la thèse explore les dimensions théologiques et philosophiques de l’AGI, elle accorde relativement peu de place aux conséquences éthiques et politiques de ces technologies. Par exemple, comment les avancées en IA redéfinissent-elles le travail, la responsabilité et la dignité humaine ? Ou encore, l’intégration d’IA avancées dans la société pourrait-elle modifier la perception de l’humanité et de la personne ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actualité et pertinence du texte</h2>



<p>À l’ère de l’IA générative et des algorithmes décisionnels, la question de l’<em>imago Dei</em> dans un monde technologique est plus pertinente que jamais. Cette thèse s’inscrit ainsi dans un débat de fond sur l’identité humaine face aux mutations technologiques. Les discussions sur la personnalité juridique des IA ou sur le transhumanisme rejoignent certaines des interrogations soulevées par Dorobanțu.</p>



<p>Cette thèse constitue une référence pour les théologiens travaillant sur l’anthropologie chrétienne et la modernité technologique, les philosophes de l’esprit intéressés par les limites de l’intelligence artificielle, les éthiciens et théoriciens du numérique analysant l’impact de l’IA sur l’identité humaine.</p>



<p>Ouvrage : <a href="https://www.researchgate.net/publication/342409626_Theological_Anthropology_and_the_Possibility_of_Human-Level_Artificial_Intelligence_Rethinking_Human_Distinctiveness_and_the_Imago_Dei">https://www.researchgate.net/publication/342409626_Theological_Anthropology_and_the_Possibility_of_Human-Level_Artificial_Intelligence_Rethinking_Human_Distinctiveness_and_the_Imago_Dei</a></p>
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		<title>Théologie et Technique</title>
		<link>https://www.markert.fr/2025/03/14/theologie-et-technique/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=theologie-et-technique</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[Jacques ELLUL, Yves ELLUL, Frédéric ROGNON, Théologie et technique : pour une éthique de la non-puissance, Genève (Suisse), Labor et Fides, 2014. Publié à titre posthume en 2014, Théologie et Technique : pour une éthique de la non-puissance est un ouvrage &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/03/14/theologie-et-technique/">Lire la suite­­</a>]]></description>
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<p><strong>Jacques ELLUL, Yves ELLUL, Frédéric ROGNON, <em>Théologie et technique : pour une éthique de la non-puissance</em>, Genève (Suisse), Labor et Fides, 2014.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="459" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Theologie-et-Technique.jpg" alt="" class="wp-image-891" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Theologie-et-Technique.jpg 300w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Theologie-et-Technique-196x300.jpg 196w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Publié à titre posthume en 2014, <em>Théologie et Technique : pour une éthique de la non-puissance</em> est un ouvrage qui rassemble des textes inédits de Jacques Ellul sur le rapport entre la technique et la théologie chrétienne. Ce livre marque la rencontre entre ses deux domaines de réflexion majeurs : d’un côté, la critique sociologique du système technicien, et de l’autre, une théologie protestante radicalement engagée.</p>



<p>L’ouvrage est structuré autour d’une réflexion qui dépasse la simple dénonciation des effets délétères du progrès technique. Ellul y développe une éthique fondée sur la non-puissance, une posture de résistance face à l’impératif de maîtrise et de domination qu’impose la technique. Ce faisant, il s’oppose à trois grandes postures théologiques : l’indifférence à la technique, son rejet comme intrinsèquement mauvaise, et son acceptation comme un don de Dieu.</p>



<p>Ce texte est essentiel pour comprendre la manière dont la théologie peut fournir une critique structurée et rigoureuse de la technique, en proposant un mode d’existence qui refuse la soumission au paradigme de l’efficacité et de l’utilité. Il s’adresse autant aux chercheurs en théologie qu’aux sociologues et philosophes du technique.</p>



<p>Ellul considère que la technique moderne s’est constituée en un système autonome, un « Léviathan » échappant à toute régulation humaine et politique. À ses yeux, la technique est devenue un univers où l’efficacité et la puissance priment sur toute autre considération. La Technique <em>« enferme l’homme dans sa finitude »</em>, soumise aux seuls impératifs de normalité, efficacité, réussite, travail. Ce monde technicien est ainsi présenté comme une fatalité, un univers clos où toute alternative semble illusoire. Pour Ellul, le christianisme doit se confronter à cette dynamique et proposer une autre logique que celle de la domination par les moyens techniques.</p>



<p>Face à cette emprise totale de la technique, Ellul propose une posture de résistance fondée sur la <em>non-puissance</em>. Il refuse l’idée d’une contre-technologie ou d’une régulation technique de la technique, considérant que cela ne ferait que renforcer le système technicien. « Une éthique de la non puissance — la racine de l&rsquo;affaire —, c&rsquo;est évidemment que l&rsquo;homme accepte de ne pas faire tout ce qu&rsquo;il pourrait . » (p. 65) Cette posture repose sur un renversement des valeurs dominantes : là où la technique impose toujours plus d’efficacité et de contrôle, l’éthique chrétienne doit prôner l’humilité, la limite et la gratuité.</p>



<p>Ellul met en garde contre l’idéologie du progrès, qui sacralise la technique et la rend intouchable. Il insiste sur la nécessité d’une « vigoureuse profanation » (Frédéric ROGNON, « Introduction », p. 19.) de la technique, afin de lui retirer son statut de mythe incontesté. Cette démystification passe par un retour au transcendant, seule référence extérieure capable d’offrir un horizon de liberté. <em>« Contre la toute-puissance illimitée de la Technique, contre l’efficacité érigée en valeur suprême, seul le Transcendant pur, parce qu’extérieur et strictement inassimilable, est capable de fournir un point de référence. »</em> C’est dans cette perspective que l’éthique chrétienne prend tout son sens : non pas en cherchant à <em>maîtriser</em> la technique, mais en affirmant une autre manière d’habiter le monde, fondée sur l’ouverture au divin.</p>



<p>Ellul articule sa critique de la technique avec une vision eschatologique. Selon lui, la technique tend à imposer un avenir fermé, déterminé par l’accumulation des innovations. Face à cela, l’espérance chrétienne constitue une rupture, une ouverture vers un avenir qui ne dépend pas du système technique mais de l’intervention divine. <em>« L’eschaton n’est pas un engrenage du système technique, mais une irruption radicale qui brise la logique du progrès. »</em> Là encore, il s’agit de refuser la toute-puissance de l’homme et de reconnaître que l’avenir véritable n’est pas celui dicté par la technique, mais celui offert par la grâce divine.</p>



<p>L’un des grands mérites de cet ouvrage est d’articuler de manière rigoureuse théologie et critique technicienne. Il met en évidence une tension essentielle : la technique tend à se substituer au sacré, et il est nécessaire d’en proposer une critique spirituelle et non seulement sociologique. Comme Girard, Ellul voit dans la technique une forme de sacralisation moderne qui doit être déconstruite.</p>



<p>Si l’éthique de la non-puissance est séduisante en théorie, elle semble difficilement applicable dans un monde où la technique est omniprésente. Comment concrètement vivre sans recourir aux techniques modernes ? Ellul ne propose pas de solutions concrètes, ce qui peut laisser le lecteur dans une impasse. Peut-on réellement refuser la puissance sans être marginalisé ? Certains pensent que la posture d’Ellul relève plus du témoignage prophétique que d’un projet politique viable.</p>



<p>Les analyses d’Ellul trouvent une résonance particulière à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Le développement d’algorithmes autonomes et de systèmes auto-apprenants illustre parfaitement l’idée d’un système technique échappant au contrôle humain. Les débats sur l’IA et l’automatisation rejoignent les préoccupations d’Ellul sur la perte de maîtrise et la soumission aux impératifs techniciens.</p>



<p>L’ouvrage pose une question essentielle : comment être chrétien dans une société technicienne ? Il invite à un repositionnement de la foi non pas en opposition directe à la technique, mais dans une logique de rupture et de témoignage. <em>« Ce qui compte ce n’est pas la façon dont nous manions la Technique, mais notre façon d’être envers elle. »</em></p>



<p><em>Théologie et Technique</em> est un ouvrage essentiel pour comprendre la manière dont la foi chrétienne peut offrir une critique pertinente du progrès technologique. En refusant de voir la technique comme neutre, Ellul engage un débat profond sur les fondements de notre modernité. Si son éthique de la non-puissance peut sembler difficilement applicable, elle constitue néanmoins une invitation à repenser notre rapport à la technique et à envisager une alternative au paradigme dominant de la maîtrise et de l’efficacité. Une lecture incontournable pour les théologiens, les philosophes et les chercheurs en sciences sociales.</p>



<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>Lectures complémentaires</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>René Girard</strong>, <em>La Violence et le Sacré</em>.</li>



<li><strong>Bernard Stiegler</strong>, <em>Dans la disruption</em>.</li>



<li><a href="https://www.markert.fr/2024/11/22/la-convivialite/"><strong>Ivan Illich</strong>, <em>La Convivialité</em></a>.</li>
</ul>



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