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	<title>guide parental</title>
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	<description>Enjeux éthiques et théologiques de l&#039;Intelligence Artificielle dans l&#039;éducation</description>
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	<title>guide parental</title>
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		<title>Le Chrétien à l&#8217;heure du numérique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Jay Y. Kim, Le chrétien à l’ère du numérique : Cultiver le fruit de l’Esprit pour une vie de contentement, de résilience et de sagesse, Philippe Malidor &#38; Dan Kimball (trad.), Paris, Excelsis, 2024, 252 p. Dans un monde marqué &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/06/27/le-chretien-a-lheure-du-numerique/">Lire la suite­­</a>]]></description>
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<p><strong>Jay Y. Kim, <em>Le chrétien à l’ère du numérique : Cultiver le fruit de l’Esprit pour une vie de contentement, de résilience et de sagesse</em></strong>, Philippe Malidor &amp; Dan Kimball (trad.), Paris, Excelsis, 2024, 252 p.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="200" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601-200x300.jpg" alt="" class="wp-image-958" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601-200x300.jpg 200w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/06/91601.jpg 667w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p>Dans un monde marqué par l’accélération technologique et la marchandisation de l’attention, l’ouvrage de Jay Y. Kim, pasteur à WestGate Church (Silicon Valley), vient rappeler la nécessité d’un enracinement spirituel profond et résilient. Auteur de <em>Analog Church</em> et <em>Analog Christian</em>, Kim poursuit ici une même démarche : réconcilier la vie de foi et les défis concrets posés par les environnements numériques.</p>



<p>L’ouvrage est une réflexion pastorale et biblique, articulée autour du fruit de l’Esprit (<a href="https://www.aelf.org/bible/Ga/5">Galates 5</a>,22), pour répondre aux effets déstructurants des écrans sur l’attention, la présence à soi, la relation à autrui et la vie spirituelle.</p>



<p>Le livre est divisé en trois parties, chacune correspondant à une vertu clef : le contentement, la résilience et la sagesse. Chaque partie décrit les pathologies numériques associées (indignation, comparaison, distraction, impulsivité&#8230;) et propose des pratiques de transformation inspirées de la vie spirituelle chrétienne.</p>



<p>Parmi les thèmes majeurs :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’attention comme ressource sacrée et spirituelle, malmenée par le scroll infini.</li>



<li>Le désir d’immédiateté opposé à la patience et à l’ancrage dans le réel.</li>



<li>La comparaison sociale induite par les réseaux et la perte de l’identité christocentrique.</li>



<li>La présence incarnée et les pratiques spirituelles lentes (prériode, jeûne, silence, attention à l’autre).</li>
</ul>



<p>L&rsquo;auteur s’appuie sur des observations pastorales, des analyses culturelles et une solide connaissance biblique, offrant une méthodologie réflexive, nourrie de témoignages et de figures inspirantes. L’ouvrage s’inscrit dans un courant croissant de théologie pratique critique face au numérique (James K. A. Smith, Andy Crouch&#8230;). Il ne se limite pas à une simple opposition technophobe : il propose une conversion de l’usage, par une rééducation spirituelle du regard, de l’attention et du rapport à la vérité.</p>



<p>Il soulève des questions majeures :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Comment enseigner l’attention comme vertu dans un monde marchand de l’attention ?</li>



<li>Comment former à une vie spirituelle incarnée, lente, patiente ?</li>



<li>Comment distinguer prudence technologique et discipline spirituelle ?</li>
</ul>



<p>L&rsquo;ouvrage offre une articulation remarquable entre diagnostic culturel, sagesse biblique et vision pastorale. Il propose des chapitres accessibles, agrémentés d’exemples concrets et de récits incarnés. Il met en œuvre une réflexion propice à une éthique chrétienne du numérique et de l’attention (cf. p. 56, la réflexion qui fait penser à un célèbre passage de Saint Augustin : voir <a href="https://catechese.catholique.fr/outils/propositions-celebrations-liturgiques/325628-bien-tard-je-tai-aimee-priere-saint-augustin/"><em>Les Confessions</em> 10, 27</a>). Toutefois ce livre est moins opérationnel pour les éducateurs car les propositions restent souvent à l’échelle de la personne. De plus, j&rsquo;aurais apprécié une approche plus structurée en termes d’outils pour la catéchèse ou la formation scolaire.</p>



<p>L’ouvrage aide à penser une littératie spirituelle de l’attention dans les contextes éducatifs chrétiens : non pas apprendre à maîtriser la technologie, mais à discerner ce qu’elle produit en nous : « Le problème, ce n&rsquo;est pas la technologie. Le problème, c&rsquo;est nous. » (p. 19)</p>



<p>Jay Y. Kim signe ici un ouvrage d’une grande actualité, à la fois profond et accessible. <em>Le chrétien à l’ère du numérique</em> constitue une référence utile pour penser les pratiques spirituelles et éducatives à l’ère du scroll, du zapping et de la comparaison sociale. Son apport est précieux pour les pasteurs, catéchètes, éducateurs chrétiens et tous ceux qui cherchent à conjuguer sagesse ancienne et modernité connectée.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’I.A. expliquée aux humains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Jean-Gabriel Ganascia, L’I.A. expliquée aux humains, Paris, Seuil, sept. 2024, 165 p., 13,50 €. Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle et épistémologue, propose ici un ouvrage de vulgarisation scientifique accessible et structuré sous forme d’un dialogue vivant entre l’auteur et &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/02/14/li-a-expliquee-aux-humains/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jean-Gabriel Ganascia, <em>L’I.A. expliquée aux humains</em>, Paris, Seuil, sept. 2024, 165 p., 13,50 €.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium"><img decoding="async" width="211" height="300" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0-211x300.jpg" alt="Couverture du livre de Jean-Gabriel Ganascia : L’I.A. expliquée aux humains." class="wp-image-857" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0-211x300.jpg 211w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0-719x1024.jpg 719w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0-768x1093.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0-1079x1536.jpg 1079w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/155046_couverture_Hres_0.jpg 1405w" sizes="(max-width: 211px) 100vw, 211px" /></figure>



<p>Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle et épistémologue, propose ici un ouvrage de vulgarisation scientifique accessible et structuré sous forme d’un dialogue vivant entre l’auteur et quatre collégiens. Cette approche didactique permet à la fois une clarification progressive des concepts et une reformulation constante des enjeux, rendant la lecture particulièrement fluide.</p>



<p>L’ouvrage suit un parcours méthodique, partant des fondements historiques et conceptuels de l’IA jusqu’à ses applications et aux questionnements éthiques et philosophiques qu’elle soulève aujourd’hui.</p>



<p>L’auteur commence par clarifier les notions : automates, robots, bots et agents autonomes. Il distinguera plus loin et avec précision l’intelligence artificielle faible, spécialisée dans des tâches précises (reconnaissance d’images, jeu d’échecs…), l’intelligence artificielle forte, qui viserait une compréhension plus générale du monde, et l’intelligence artificielle générale, encore hypothétique, qui pourrait rivaliser avec l’intelligence humaine dans toutes ses dimensions. L’auteur met en garde contre les anthropomorphismes qui faussent la compréhension du potentiel et des limites réelles de l’IA. Il relève précisément les mésusages sémantique, «&nbsp;autonome&nbsp;» pour automatique, par exemple.</p>



<p>L’ouvrage dresse ensuite un panorama des domaines où l’IA est déjà une réalité : santé, exploration spatiale, agriculture et écologie, militaire et surveillance… Ganascia ne tombe pas dans une célébration naïve du progrès technique. Il met en lumière les usages bénéfiques mais aussi les dérives potentielles, notamment dans le domaine du profilage et de la surveillance de masse. Le chapitre 2 se termine par une conclusion quelque peu décevante : <em>« Tout se passe ici comme avec les couteaux. »</em> (p. 72), suggérant que l’IA n’est qu’un outil neutre dont l’usage dépend de l’homme. Cette analogie simpliste sous-estime les questions de l’ambivalence de la Technique (cf. Jacques Ellul, <em>Le Bluff technologique</em>) et de son ambiguïté même (cf. Jacques Neirynck, <em>Le huitième jour de la création</em>).</p>



<p>Après ce panorama des usages, l’auteur s’attache à expliquer concrètement comment ces IA fonctionnent, en mettant en lumière les différentes formes d’apprentissage et d’optimisation algorithmique : supervisé, non supervisé, par renforcement…, ainsi que les structures utilisées : réseaux antagonistes génératifs (GANs), grands modèles de langage…</p>



<p>Ganascia nuance les fantasmes d’une IA qui surpasserait l’homme. Il insiste sur le fait que les IAs «&nbsp;ne nous dépassent pas non plus ; elles nous épaulent et nous permettent, si nous en avons le talent, d&rsquo;outrepasser nos propres capacités&nbsp;» (p. 116).</p>



<p>L’auteur discute de la notion récente d’IA digne de confiance, qui repose sur trois principes : l’exactitude : l’IA doit produire des résultats fiables&nbsp;; la robustesse : elle doit fonctionner de manière stable dans divers contextes&nbsp;; la transparence : ses décisions doivent être compréhensibles et justifiables.</p>



<p>L’auteur explore enfin les grands débats philosophiques de la conscience des machines et du risque existentiel avec les questions les plus spéculatives : l’IA pourrait-elle devenir consciente ? Quels risques posent des IA autonomes dans des systèmes critiques ? L’humanité pourrait-elle perdre le contrôle de ses propres créations ? Ganascia reste sceptique quant aux scénarios catastrophistes, mais il aurait pu davantage creuser les dilemmes éthiques posés par l’automatisation croissante des décisions.</p>



<p>L’ouvrage de Jean-Gabriel Ganascia est une réussite pédagogique, portée par une clarté remarquable et une connaissance fine de l’histoire de l’IA. Son approche sous forme de dialogue permet une grande accessibilité, notamment pour un public non spécialiste. Cependant, malgré sa richesse, l’ouvrage reste parfois trop lisse sur le plan éthique. En insistant sur la neutralité de l’IA et en comparant son usage à celui d’un couteau, l’auteur néglige les implications structurelles et politiques du numérique, qui façonnent nos comportements bien au-delà de la simple autonomie de l’utilisateur. Malgré de belles nuances, l’ouvrage tombe parfois dans l’anthropomorphisme dommageable, notamment lorsqu’il évoque « <em>les facultés de discernement des personnes [qui] se révèlent inférieures à celles des machines »</em>. (p. 156) Or, l’IA n’a pas de « discernement » au sens humain du terme, mais optimise des calculs statistiques. Ce livre, s’il permet de comprendre les rouages techniques de l’IA &#8211; ce qui est précieux et nécessaire -, devrait être complété d&rsquo;une réflexion plus approfondie sur les implications philosophiques et sociétales. Une approche plus critique, tenant compte des avertissements éthiques formulés par des penseurs comme Ellul, permettrait d’éviter une vision parfois trop neutre. Dans cette perspective, le regard de la doctrine sociale de l’Église sur la responsabilité humaine face au progrès technique (<em>Laudato Si’</em>, <em>Antiqua et Nova</em>) pourrait enrichir encore le débat.</p>



<p>Ouvrage : <a href="https://www.seuil.com/ouvrage/l-i-a-expliquee-aux-humains-jean-gabriel-ganascia/9782021550467">https://www.seuil.com/ouvrage/l-i-a-expliquee-aux-humains-jean-gabriel-ganascia/9782021550467</a></p>
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		<item>
		<title>La Civilisation du poisson rouge : Petit traité sur le marché de l’attention</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Sep 2024 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Bruno PATINO, La Civilisation du poisson rouge : Petit traité sur le marché de l’attention, Paris, Grasset, 2019. Dans La Civilisation du poisson rouge, Bruno Patino, spécialiste des médias numériques et président d’Arte France, explore les effets de l’économie numérique &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2024/09/27/la-civilisation-du-poisson-rouge-petit-traite-sur-le-marche-de-lattention/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><strong>Bruno PATINO, <em>La Civilisation du poisson rouge : Petit traité sur le marché de l’attention</em>, Paris, Grasset, 2019.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="309" height="500" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/9782253101253-de.jpg" alt="" class="wp-image-921" style="width:249px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/9782253101253-de.jpg 309w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/9782253101253-de-185x300.jpg 185w" sizes="(max-width: 309px) 100vw, 309px" /></figure>



<p>Dans <em>La Civilisation du poisson rouge</em>, Bruno Patino, spécialiste des médias numériques et président d’Arte France, explore <em>les effets de l’économie numérique sur notre capacité d’attention et notre rapport au temps</em>. L’auteur part d’une observation frappante : la durée moyenne d’attention d’un poisson rouge est de 8 secondes, tandis que celle des jeunes générations ultra-connectées serait d’environ 9 secondes. Ce constat illustre l’emprise des technologies numériques sur nos modes de vie et notre concentration. L’essai de Patino s’inscrit dans un contexte de surconsommation de l’information, où les algorithmes et plateformes numériques exploitent notre attention comme une ressource monétisable. Il s’agit d’une analyse critique des stratégies déployées par les géants du numérique (GAFA, réseaux sociaux, médias en ligne) pour capter et retenir notre engagement, souvent au détriment de notre bien-être cognitif. Loin d’être une simple dénonciation, ce livre interroge <em>notre servitude volontaire face aux écrans</em> et appelle à une prise de conscience collective. Il pose ainsi une question essentielle : comment retrouver le contrôle de notre attention dans un monde saturé de stimuli numériques ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Thèses principales et démarche de l’auteur</h2>



<p>Patino explique que les grandes plateformes numériques ont bâti un modèle économique basé sur l’attention, où chaque minute passée sur un écran est exploitée pour générer des revenus publicitaires. Facebook, YouTube et Instagram utilisent des algorithmes de recommandation et des mécanismes addictifs (notifications, scrolling infini) pour maximiser le temps passé sur leurs services. L’auteur décrit comment cette logique transforme notre comportement, en jouant sur les biais cognitifs et émotionnels pour nous rendre dépendants des écrans.</p>



<p>Patino insiste sur le fait que les outils numériques favorisent une attention morcelée, incapable de se fixer sur une tâche longue ou exigeante. Les applications de médias sociaux favorisent la consommation rapide d’informations courtes et superficielles, réduisant notre capacité à nous plonger dans des contenus longs (livres, articles approfondis, films…). Cette fragmentation de l’attention a des effets négatifs sur notre concentration, notre mémoire et notre rapport au réel.</p>



<p>L’auteur analyse le rôle de la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans le circuit de la récompense, dans la conception des interfaces numériques. Le scrolling infini, inspiré des machines à sous, crée une boucle de gratification instantanée qui nous pousse à rester connectés plus longtemps. Patino souligne le pouvoir des notifications et des interactions sociales numériques, qui exploitent notre besoin de validation sociale pour nous rendre accros aux écrans.<br>Face à cette captation généralisée de notre attention, Patino pose la question de notre responsabilité individuelle et collective. Il critique notre complicité passive dans ce système et appelle à une prise de conscience pour s’affranchir de cette dépendance. Pour retrouver une maîtrise de notre attention, il est nécessaire de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Limiter notre exposition aux écrans.</li>



<li>Favoriser des espaces de déconnexion et de lenteur.</li>



<li>Promouvoir une régulation éthique et politique des plateformes numériques.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Réception et critiques</h2>



<p>L’un des grands mérites de <em>La Civilisation du poisson rouge</em> est son accessibilité. Patino adopte un ton clair et pédagogique, illustrant ses propos par des études scientifiques, des données chiffrées et des anecdotes percutantes. L’ouvrage rejoint les analyses de Tristan Harris (<em>The Social Dilemma</em>), qui dénoncent la captation de notre attention par les plateformes numériques. Il dialogue aussi avec Nicholas Carr (<em>The Shallows</em>), qui explore les effets cognitifs d’Internet sur notre cerveau.</p>



<p>Certains lecteurs pourraient reprocher à l’auteur de ne pas approfondir les solutions concrètes pour se libérer de cette emprise numérique. Si le diagnostic est percutant, l’ouvrage propose peu de pistes détaillées pour une régulation efficace des plateformes.</p>



<p>Patino adopte un ton alarmiste, en insistant sur les risques de l’économie de l’attention. Certains critiques pourraient estimer qu’il néglige les aspects positifs du numérique, notamment ses potentiels éducatifs et collaboratifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actualité et pertinence du texte</h2>



<p>À l’heure où nous passons en moyenne plus de 4 heures par jour sur nos écrans, la question de l’attention est plus pertinente que jamais. Patino met en lumière les défis du numérique, notamment :</p>



<p>L’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale.</p>



<p>La montée des troubles de l’attention chez les jeunes générations.</p>



<p>Les enjeux de régulation et d’éthique numérique.</p>



<p>Les récentes lois sur le temps d’écran des enfants en Chine montrent une prise de conscience mondiale de ces problématiques.</p>



<p>L’ouvrage plaide pour une régulation politique des plateformes numériques, afin d’encadrer la captation de l’attention. Il rejoint ainsi les discussions actuelles sur :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le <em>Digital Services Act</em> de l’UE.</li>



<li>Les lois visant à limiter l’addiction aux écrans chez les mineurs.</li>



<li>Les recherches en <em>design</em> éthique des interfaces (<em>slow tech</em>, <em>design</em> humaniste).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>La Civilisation du poisson rouge est un essai essentiel pour comprendre les effets du numérique sur notre cerveau et notre attention. En analysant les mécanismes de l’économie de l’attention, Patino dresse un constat alarmant, mais nécessaire, sur notre dépendance aux écrans. Si l’ouvrage manque parfois de propositions concrètes pour contrer cette tendance, il invite à une prise de conscience salutaire, tant au niveau individuel que collectif.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Enfer numérique : Voyage au bout d&#8217;un like</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Aug 2024 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Guillaume PITRON, L&#8217;Enfer numérique : Voyage au bout d&#8217;un like, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2021. Avec L&#8217;Enfer numérique, Guillaume Pitron poursuit l’exploration des conséquences matérielles et environnementales de la transition numérique amorcée dans son précédent ouvrage, La Guerre des &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2024/08/23/lenfer-numerique-voyage-au-bout-dun-like/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Guillaume PITRON, <em>L&rsquo;Enfer numérique : Voyage au bout d&rsquo;un like</em>, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2021.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="354" height="538" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/del-LEnfer-numerique.jpg" alt="" class="wp-image-924" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/del-LEnfer-numerique.jpg 354w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/del-LEnfer-numerique-197x300.jpg 197w" sizes="auto, (max-width: 354px) 100vw, 354px" /></figure>



<p>Avec <em>L&rsquo;Enfer numérique</em>, Guillaume Pitron poursuit l’exploration des conséquences matérielles et environnementales de la transition numérique amorcée dans son précédent ouvrage, <em>La Guerre des métaux rares</em> (2018). Contrairement à l’idée reçue d’un numérique « immatériel », il démontre que notre usage quotidien des technologies repose sur une infrastructure énergétique et matérielle colossale, qui s’appuie sur l’extraction massive de ressources, des centres de données énergivores et une logistique mondiale particulièrement polluante. À travers une enquête approfondie menée sur plusieurs continents, Pitron lève le voile sur l’empreinte écologique cachée de notre dépendance aux technologies numériques. Il questionne ainsi le paradoxe d’une société qui cherche à réduire son impact environnemental tout en accélérant une numérisation intensive de son économie et de ses modes de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Thèses principales et démarche de l’auteur</h2>



<p>Pitron démontre que l’économie numérique repose sur des infrastructures physiques bien réelles, bien loin de l’image d’un « cloud » évanescent et écologique. Les centres de données consomment à eux seuls environ 10 % de l’électricité mondiale. Les câbles sous-marins, qui assurent 99 % des communications intercontinentales, couvrent des centaines de milliers de kilomètres au fond des océans. Chaque interaction numérique (un simple <em>like</em>, un courriel, une requête Google) mobilise un réseau mondial d’équipements, nécessitant des quantités considérables d’énergie et de matières premières. Pitron souligne ainsi que le numérique est une industrie lourde, dont l’impact écologique est souvent sous-estimé.</p>



<p>L’auteur met en évidence l’empreinte carbone considérable du numérique, qui représenterait déjà 4 % des émissions mondiales de CO₂, soit plus que l’aviation civile. La production de chaque smartphone ou ordinateur mobilise des minerais rares (lithium, cobalt, terres rares…), souvent extraits dans des conditions désastreuses pour l’environnement et les droits humains. La fabrication et le renouvellement fréquent des équipements numériques génèrent un impact écologique bien plus grand que leur utilisation quotidienne. L’obsolescence programmée et la difficulté à recycler les appareils électroniques exacerbent encore ces effets destructeurs.</p>



<p>Pitron interroge la compatibilité entre numérisation massive et transition écologique. Il souligne que la transition énergétique vers les énergies renouvelables nécessite un recours accru au numérique (réseaux intelligents, objets connectés, véhicules électriques…), ce qui aggrave la dépendance aux ressources minières et à l’énergie. Le numérique est souvent présenté comme une solution écologique (télétravail, dématérialisation des services, <em>smart cities</em>…), alors qu’il repose sur un modèle extractiviste extrêmement polluant.</p>



<p>L’auteur s’attarde sur la responsabilité des grandes entreprises technologiques (GAFA, BATX) dans cette crise écologique numérique. Ces firmes promeuvent un modèle d’innovation permanent, poussant à la consommation de toujours plus de services et de matériels, tout en minimisant leur impact environnemental dans leur communication. L’empreinte carbone des entreprises du numérique est largement sous-estimée, car externalisée vers les pays où sont situées les infrastructures (centres de données en Chine, extraction minière en Afrique…).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réception et critiques</h2>



<p>L’ouvrage de Pitron a été largement salué pour sa qualité d’enquête et son accessibilité. Il vulgarise des problématiques complexes et donne des exemples concrets qui permettent de visualiser l’empreinte matérielle du numérique. Il rejoint les analyses de Nicholas Carr (<em>Internet rend-il bête ?</em>) sur les effets cachés du numérique, mais en les appliquant à la sphère environnementale. Il prolonge les réflexions de Jean-Marc Jancovici sur l’empreinte carbone des nouvelles technologies.</p>



<p>Certains critiques reprochent à Pitron de ne pas proposer de solutions concrètes et réalisables pour réduire l’empreinte numérique. S’il évoque des pistes (régulation, recyclage, sobriété numérique), l’ouvrage reste principalement centré sur le diagnostic du problème. Comment repenser un numérique plus responsable sans pour autant freiner l’innovation et le développement technologique ?</p>



<p>L’auteur adopte un ton volontairement percutant et alarmiste, ce qui peut donner une impression d’inéluctabilité du problème. Certains lecteurs auraient souhaité une approche plus nuancée, intégrant davantage les initiatives existantes pour un numérique plus écologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actualité et pertinence du texte</h2>



<p>À une époque où l’empreinte carbone du numérique est souvent sous-estimée, cet ouvrage apporte un éclairage crucial sur les contradictions de notre société connectée. Nous sommes des utilisateurs quotidiens mais nous multiplions les réglementations sur le droit à la réparation et contre l’obsolescence programmée en Europe. Nous créons des débats sur la sobriété énergétique et la nécessité de repenser nos infrastructures numériques tout en accroissant nos usages !</p>



<p>L’ouvrage incite à une réflexion sur notre responsabilité individuelle et collective face à la pollution numérique. Il pose des questions essentielles sur nos usages et sur les politiques publiques à adopter pour encadrer cette industrie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>L&rsquo;Enfer numérique est un essai essentiel pour comprendre les effets cachés de la transition numérique sur l’environnement. En démontrant que nos usages numériques sont loin d’être immatériels, Guillaume Pitron bouscule les idées reçues et invite à une prise de conscience écologique.</p>
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		<title>Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 07:43:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement catholique]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[François, Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation, Rome, Libreria Editrice Vaticana, 17 juillet 2024. En ligne sur https://www.vatican.va/content/francesco/fr/letters/2024/documents/20240717-lettera-ruolo-letteratura-formazione.html#_ftnref12, consulté le 07/8/2024 à 09h36. Cette lettre du Pape François, publiée en juillet 2024, se penche sur l&#8217;importance &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2024/08/07/lettre-sur-le-role-de-la-litterature-dans-la-formation/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="500" height="500" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois.jpg" alt="Photo du pape François." class="wp-image-758" style="width:200px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois.jpg 500w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois-300x300.jpg 300w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois-150x150.jpg 150w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois-120x120.jpg 120w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/08/pape-Francois-365x365.jpg 365w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>



<p><strong>François, <em>Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation</em>, Rome, Libreria Editrice Vaticana, 17 juillet 2024</strong>. En ligne sur <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/letters/2024/documents/20240717-lettera-ruolo-letteratura-formazione.html#_ftnref12">https://www.vatican.va/content/francesco/fr/letters/2024/documents/20240717-lettera-ruolo-letteratura-formazione.html#_ftnref12</a>, consulté le 07/8/2024 à 09h36.</p>



<p>Cette lettre du Pape François, publiée en juillet 2024, se penche sur l&rsquo;importance de la littérature dans la formation «&nbsp;de tous les agents pastoraux, comme de n’importe quel chrétien&nbsp;». L&rsquo;auteur vise à démontrer que la lecture de romans, poèmes etc. est essentielle à la maturation personnelle et à la compréhension de la foi dans le contexte culturel contemporain.</p>



<p>L&rsquo;objectif principal de la lettre est de plaider pour une attention accrue à la littérature dans les programmes de formation. François déplore le manque d&rsquo;espace accordé à la littérature dans la formation religieuse et appelle à un changement radical de perspective. Il s&rsquo;adresse ainsi particulièrement aux responsables de la formation, formateurs, ainsi qu’aux étudiants en théologie.</p>



<p>La lettre se positionne dans un contexte d’appauvrissement du recours et du rapport à la littérature à la faveur du temps et de l’espace grandissants consacrés aux «&nbsp;écrans&nbsp;», ainsi que face à «&nbsp;cette accélération et cette simplification inévitables de notre vie&nbsp;» (§&nbsp;31) qui va avec les excès numériques. Ce document s&rsquo;appuie sur les enseignements du Concile Vatican II et les réflexions de théologiens comme Ignace de Loyola ou Karl Rahner, tout en intégrant des références à des auteurs littéraires comme Jorge Luis Borges, T.S. Eliot, C.S. Lewis ou Marcel Proust.</p>



<p>La lettre présente d&rsquo;abord le contexte et les objectifs du pape avant de développer son argumentation articulée autour d&rsquo;une analyse de la littérature et de ses effets sur la formation personnelle et spirituelle. L’auteur y aborde en premier lieu la question des relations «&nbsp;Foi et culture&nbsp;». Il poursuit par le contexte religieux actuel (section&nbsp;«&nbsp;Jamais de Christ sans chair&nbsp;») rappelant les risques d’une incarnation incomplète alors que la chair du Seigneur est «&nbsp;faite de passions, d’émotions, de sentiments, de récits concrets…&nbsp;» (§&nbsp;14)). Il développe ensuite son propos avec les raisons utiles ou décisives pour lesquelles l’amour de la littérature doit être encouragée (sections «&nbsp;Un grand bien&nbsp;», «&nbsp;Écouter la voix de quelqu’un&nbsp;», «&nbsp;Une sorte de gymnase du discernement&nbsp;», «&nbsp;Attention et digestion&nbsp;», et «&nbsp;Voir à travers les yeux des autres&nbsp;»). Pour le Saint‑Père, une œuvre littéraire peut aider à résister à la tentation, à traverser les tempêtes, ouvre de nouveaux espaces intérieurs… La littérature peut aussi libérer l’Église «&nbsp;de la tentation d’un solipsisme assourdissant et fondamentaliste&nbsp;» (§&nbsp;10). Le pape conclut en insistant sur «&nbsp;La puissance spirituelle de la littérature&nbsp;».</p>



<p>La lettre se distingue par son style accessible et son ton engagé. François utilise un langage clair et direct, illustrant ses arguments par des anecdotes personnelles –&nbsp;«&nbsp;j’ai été professeur de littérature&nbsp;» (§&nbsp;7), par exemple&nbsp;–, des références culturelles riches et variées, des exemples concrets. Il ne renonce pas pour autant à la profondeur de son argumentation.</p>



<p>La lettre offre une analyse convaincante du rôle de la littérature dans la formation personnelle et spirituelle. Elle met en lumière la capacité de la littérature à approfondir la compréhension de la foi en favorisant l&#8217;empathie, la capacité de discernement, l&rsquo;ouverture à l&rsquo;altérité… François souligne également l&rsquo;importance de la littérature pour l&rsquo;annonce de l&rsquo;Évangile dans un monde marqué par une «&nbsp;incapacité émotionnelle&nbsp;» (§&nbsp;22) et une recherche spirituelle souvent mal orientée.</p>



<p>Ce document va au‑delà de la référence convenue aux «&nbsp;semences du Verbe&nbsp;» (Saint&nbsp;Justin) et nous propose d’autres richesses&nbsp;: Ac&nbsp;17, 16‑34, <em>Discours aux jeunes</em> (Basile de Césarée), etc.</p>



<p>Notons que ce document ne propose pas de bibliographie, de <em>nihil obstat</em>… Dans la dynamique de la grâce, il convient de «&nbsp;choisir nos lectures avec ouverture, surprise, souplesse, en nous laissant conseiller, mais aussi avec sincérité, en essayant de trouver ce dont nous avons besoin à chaque moment de notre vie.&nbsp;» (§&nbsp;7).</p>



<p>Le paragraphe&nbsp;1 précise «&nbsp;J’avais initialement écrit un titre se référant à la formation sacerdotale, mais j’ai ensuite pensé que, de la même manière, ces choses peuvent être dites à propos de la formation de tous&nbsp;». Cela se sent. Au fur et à mesure de la lecture, on voit bien que la force des habitudes a la vie dure et que ce texte n’a été corrigé que dans un second temps et à la marge afin de s’adresser à tous…</p>



<p>Cette courte lettre du Pape François est une lecture stimulante et rapide pour tous ceux qui s&rsquo;intéressent à la formation religieuse et à l&rsquo;importance de la culture dans la vie spirituelle. Elle offre une perspective originale sur le rôle de la littérature dans la formation des futurs prêtres et des agents pastoraux.</p>



<p></p>
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		<title>Le Cerveau attentif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 17:27:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
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					<description><![CDATA[Jean-Philippe Lachaux, Le Cerveau attentif : Contrôle, maîtrise et lâcher-prise, Paris, Odile Jacob, « Sciences »&#160;no&#160;328, 2012. Jean-Philippe Lachaux est neurobiologiste, chercheur en neurosciences cognitives, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire Dynamique cérébrale et cognition (Inserm) à Lyon. Il pratique le &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2021/04/17/le-cerveau-attentif/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jean-Philippe Lachaux, <em>Le Cerveau attentif : Contrôle, maîtrise et lâcher-prise</em>, Paris, Odile Jacob, « Sciences »&nbsp;n<sup>o</sup>&nbsp;328, 2012.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/04/9782738126047-640x1024.jpg" alt="Couverture du livre Le Cerveau attentif" class="wp-image-355" width="160" height="256" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/04/9782738126047-640x1024.jpg 640w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/04/9782738126047-188x300.jpg 188w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/04/9782738126047-768x1229.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/04/9782738126047.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 160px) 100vw, 160px" /></figure></div>



<p>Jean-Philippe Lachaux est neurobiologiste, chercheur en neurosciences cognitives, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire Dynamique cérébrale et cognition (Inserm) à Lyon. Il pratique le zazen.</p>



<p>Cet ouvrage de vulgarisation scientifique introduit à la question de l’attention du point de vue des neurosciences. L’auteur définit finalement l’attention comme un juste milieu entre la dispersion et l’hyperfocalisation.</p>



<p>Le premier chapitre, illustre la difficulté de définir l&rsquo;attention au travers de l’histoire de cette notion (introspectionnisme, behaviorisme). On y découvre l&rsquo;attention sélective et le phénomène du biais. Le deuxième chapitre vulgarise en une trentaine de pages le fonctionnement du cerveau. L’auteur s’intéresse ensuite à l’utilité de l’attention (chapitre 3) et à ses modes de fonctionnement (chapitre 4) et nous présente différents mécanismes du cerveau. «&nbsp;La nature n&rsquo;a pas attendu l&rsquo;invention de la publicité pour développer mille astuces pour attirer l&rsquo;attention ou s&rsquo;y soustraire.&nbsp;» (p.&nbsp;137) C’est pourquoi le cinquième chapitre porte sur des stratégies pour capter ou pas l’attention. L’auteur nous présente ensuite la captivation motrice et la captivation émotionnelle (chapitre 6) puis la captivation cognitive (chapitre 7). Contre ces phénomènes externes ou internes de distraction, le système exécutif permet de résister à ces captivations (chapitre 8). D’autres mécanismes l’y aide&nbsp;: le contrôle volontaire (chapitre 9) et une organisation «&nbsp;hiérarchique&nbsp;» du cerveau qui permet aussi le lâcher‑prise (chapitre 10). Ces nombreux éléments de neurosciences peuvent aider à répondre à nos souhaits en apprenant à mieux se concentrer (chapitre 11) et au‑delà à maîtriser notre attention (chapitre 12). Aboutissement d’un chemin de l’abstrait vers le concret, le dernier chapitre récapitule utilement les acquis de cette recherche fruit de la science et de l’expérience. En conclusion de ce livre, Jean‑Philippe Lachaux présente quelques exemples pour nous «&nbsp;aider à comprendre comment la chimie agit sur la tension.&nbsp;» (p.&nbsp;368)</p>



<p>Pour un ouvrage de vulgarisation, il est assez détaillé sur le fonctionnement du cerveau. Par ailleurs l’auteur est ingénieux et habile quand il s’agit de trouver des images pour mieux faire comprendre son propos. Il en use très régulièrement. L’ouvrage est riche, précis, didactique et livre plusieurs pistes (plus que des recettes) qui pourront être utiles personnellement comme pour l’éducation d’enfants/ élèves.</p>



<p>Ouvrage&nbsp;: <a href="https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/cerveau-attentif_9782738126047.php">https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/cerveau-attentif_9782738126047.php</a></p>
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		<title>La Fabrique du crétin digital</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Nov 2019 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle et Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[guide parental]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie de l'éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[Michel DESMURGET, La Fabrique du crétin digital : Les dangers des écrans pour nos enfants, Paris, Seuil, « Sciences humaines », 29/08/2019, 426 p., 20,00 €. Dans son ouvrage de vulgarisation, La Fabrique du crétin digital, le neuroscientifique Michel Desmurget &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2019/11/29/la-fabrique-du-cretin-digital/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Michel DESMURGET, La Fabrique du crétin digital : Les dangers des écrans pour nos enfants, Paris, Seuil, « Sciences humaines », 29/08/2019, 426 p., 20,00 €.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="474" height="761" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/07/La-Fabrique-du-cretin-digitale.jpeg" alt="Couverture du livre La Fabrique du crétin digitale" class="wp-image-749" style="width:200px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/07/La-Fabrique-du-cretin-digitale.jpeg 474w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2024/07/La-Fabrique-du-cretin-digitale-187x300.jpeg 187w" sizes="auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px" /></figure>



<p>Dans son ouvrage de vulgarisation, <em>La Fabrique du crétin digital</em>, le neuroscientifique Michel Desmurget livre une critique forte de l&rsquo;impact des écrans numériques sur le développement cognitif, émotionnel et social des enfants. Alors que les appareils numériques s&rsquo;intègrent de plus en plus dans la vie quotidienne, le livre &#8211; qui a fait l&rsquo;objet de recherches approfondies &#8211; arrive à point nommé pour inciter les parents, les éducateurs et les décideurs politiques à reconsidérer l&rsquo;utilisation omniprésente des écrans chez les jeunes générations.</p>



<p>L&rsquo;ouvrage est structuré autour de deux grandes parties : « Homo mediaticus : La construction d&rsquo;un mythe » et « Homo numericus : La réalité d&rsquo;une intelligence entravée et d&rsquo;une santé menacée ». Celles-ci sont encadrées d&rsquo;un prologue et d&rsquo;un épilogue, ainsi que d&rsquo;une bibliographie de 80 pages&#8230;</p>



<p>La première partie, « Homo mediaticus : La construction d&rsquo;un mythe » s&rsquo;intéresse aux enfants issus de nos dérives : « l&rsquo;incarnation médiatique de nos progénitures » (p. 35) pour montrer que cette <em>incarnation</em> est trompeuse. [&#8230;] Le chapitre 1 « Contes et légendes » nous parle des fables des industries numériques pour nous faire croite à un changement d&rsquo;anthropologie ; il décrit des errances relatives à ces discours folkloriques, quasi légendaires. [&#8230;] Le chapitre 2 « Paroles d&rsquo;experts » s&rsquo;attaque aux «  » experts  » maison  » » &#8211; l&rsquo;apprenti éthicien que je suis en est-il un ? &#8211; et aux journalistes qui rrelaient leurs discours. L&rsquo;auteur décrit des errances relatives aux biais d&rsquo;expertise. Le chapitre 3 « Etudes boiteuses » en remet une couche sur les journalistes et leurs choix éditoriaux en décrivant des errances relatives aux études boiteuses. Cette première partie nous invite donc à redoubler d&rsquo;esprit critique à l&rsquo;égard de ce qui nous est dit des <em>écrans</em>. Elle alerte le lecteur : l&rsquo;<em>homo mediaticus</em> prépare le mythe de l&rsquo;<em>homo numericus</em>.</p>



<p>Le mythe ayant été déconstruit, la seconde partie, « Homo numericus : La réalité d&rsquo;une intelligence entravée et d&rsquo;une santé menacée » s&rsquo;intéresse à la réalité des enfants d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et de leur développement. Le chapitre 4 « Des usages abusifs (trop) répandus » explore les usages des écrans par les enfants et adolescents : quels écrans sont utilisés et à quelles fins ? combien de temps est &lsquo;volé&rsquo; à d&rsquo;autres activités et à partir de combien de temps &#8211; selon l&rsquo;âge &#8211; l&rsquo;usage des écrans récréatifs affecte-t-il négativement le développement ? Qui est affecté &#8211; en fonction du sexe, du milieu socio-économique&#8230; &#8211; ? Ce chapitre 4 propose également des recommandations très pertinentes. Le chapitre 5 « Réussite scolaire : attention, danger ! » distingue les usages domestiques et scolaires des écrans pour se demander comment cette consommation influence la réussite scolaire. A en croire l&rsquo;auteur, l&rsquo;influence est systématiquement négatif, y compris à l&rsquo;école où il semble que les nombreux pédagogues qui usent du numérique s&rsquo;illusionne sur ses aspects positifs et ne se rende pas compte qu&rsquo;ils sont manipulés par un complexe techno-économique&#8230; Le chapitre 6 « Développement : l&rsquo;intelligence, première victime » étudie comment cette consommation influence le développement intellectuel de l&rsquo;enfant et conclue que les écrans sapent les inercations humaines, le langage, et la concentration. Le chapitre 7 « Santé : une agression silencieuse » s&rsquo;ouvre ainsi : « La communauté scientifique affirme depuis des années que  » les médias [électroniques] doivent être reconnus comme un problème majeur de santé publique. » » (p. 295) ; dès l&rsquo;introduction, l&rsquo;intuition nous permettra de saisir que l&rsquo;auteur déduira que la consommation d&rsquo;écrans influence négativement la santé&#8230; Michel Desmurget conclut d&rsquo;ailleurs que l&rsquo;impact est très négatif sur le sommeil, le degré de sédentarité, et les contenus dits  » à risques « .</p>



<p>Michel Desmurget souligne ainsi l&rsquo;ampleur du problème, en présentant des statistiques et des tendances alarmantes concernant le temps passé devant un écran par les enfants. Il analyse en détail les effets d&rsquo;une exposition excessive aux écrans sur les fonctions cognitives, la santé mentale, les résultats scolaires et les aptitudes sociales. Chaque chapitre est étayé par une multitude d&rsquo;études scientifiques, de données empiriques et de témoignages d&rsquo;experts, ce qui permet d&rsquo;étayer solidement les arguments de l&rsquo;auteur. La rigueur méthodologique est remarquable ! L&rsquo;ouvrage est très complet. L&rsquo;écriture est claire et captivante, ce qui est une gageure avec tant de référence. L&rsquo;auteur propose des recommandations pratiques qui me semblent bienvenues et pertinentes. Néanmoins, la position ferme, voire intransigeante, de Michel Desmurget contre l&rsquo;utilisation des écrans me semble manquer de nuances. Bien utiliser, les « écrans » &#8211; c&rsquo;est une métonymie &#8211; ont aussi des vertus ; des études scientifiques le démontrent également. L&rsquo;auteur le concède parfois mais trop rarement me semble-t-il car il consacre l&rsquo;essentiel de son ouvrage à mettre fortement l&rsquo;accent sur les aspects négatifs. Il me semble que cela conduit à une perspective déséquilibrée et un ton trop alarmiste.</p>



<p>Toutefois, <em>La Fabrique du crétin digital</em> est une critique puissante et nécessaire de l&rsquo;impact des écrans numériques sur le développement des enfants. L&rsquo;approche factuelle de Michel Desmurget, la clarté de son écriture et ses recommandations pratiques en font une lecture essentielle pour quiconque se préoccupe de l&rsquo;avenir des prochaines générations. L&rsquo;exploration approfondie du sujet et les conseils détaillés du livre offrent des perspectives précieuses pour promouvoir des habitudes plus saines en matière d&rsquo;écrans et protéger le bien-être cognitif et émotionnel des enfants.</p>



<p>Ouvrage : <a href="https://www.seuil.com/ouvrage/la-fabrique-du-cretin-digital-michel-desmurget/9782021423310">https://www.seuil.com/ouvrage/la-fabrique-du-cretin-digital-michel-desmurget/9782021423310</a></p>
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