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	<title>Non classé</title>
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	<description>Enjeux éthiques et théologiques de l&#039;Intelligence Artificielle dans l&#039;éducation</description>
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	<title>Non classé</title>
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		<title>Gorgias</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Feb 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Platon,&#160;Œuvres complètes, Tome III, 2ème partie : Gorgias &#8211; Ménon, Paris, Les belles Lettres, coll. «&#160;Budé&#160;», texte établi et traduit par Maurice Croiset, 1967, 280 pages. Le Gorgias, dialogue rédigé par Platon vers 380 av. J.-C., s’inscrit dans un contexte &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2025/02/28/gorgias/">Lire la suite­­</a>]]></description>
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<p><strong>Platon,&nbsp;<em>Œuvres complètes</em>, Tome III, 2ème partie : Gorgias &#8211; Ménon, Paris, Les belles Lettres, coll. «&nbsp;Budé&nbsp;», texte établi et traduit par Maurice Croiset, 1967, 280 pages.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1856" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias.jpg" alt="" class="wp-image-869" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias.jpg 1200w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias-194x300.jpg 194w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias-662x1024.jpg 662w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias-768x1188.jpg 768w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Gorgias-993x1536.jpg 993w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure>



<p>Le <em>Gorgias</em>, dialogue rédigé par Platon vers 380 av. J.-C., s’inscrit dans un contexte où la rhétorique occupe une place centrale dans la vie politique athénienne. À travers une confrontation entre Socrate et plusieurs sophistes (Gorgias, Polos, Calliclès), Platon propose une critique de la rhétorique comme simple technique de persuasion, opposée à la quête philosophique de la vérité et de la justice. Ce texte, qui met en jeu des questions fondamentales sur le pouvoir du langage, la justice et le bonheur, demeure d’une actualité saisissante à l’ère contemporaine de la communication et de la manipulation médiatique.</p>



<p>Le <em>Gorgias</em> oppose deux conceptions du discours : d’un côté, la rhétorique des sophistes, « ouvrière de persuasion » (453 a), outil pragmatique au service du pouvoir ; de l’autre, la philosophie socratique, quête de vérité et d’éducation de l’âme. L’enjeu du dialogue est double : d&rsquo;une part déterminer si la rhétorique est un véritable art ou une flatterie manipulatrice, d&rsquo;autre part évaluer le rapport entre justice, pouvoir et bonheur.</p>



<p>Le dialogue se divise en trois grandes parties, correspondant aux trois interlocuteurs successifs de Socrate.</p>



<p>L’échange avec Gorgias définit et critique de la rhétorique. Gorgias présente la rhétorique comme <em>l’ouvrière de persuasion</em> : elle donne le pouvoir de convaincre sans nécessiter un savoir réel. Socrate la réfute en la réduisant à une flatterie (cf. 463 &#8211; 465), un simulacre de la philosophie qui, au lieu d’éduquer, manipule. Socrate la compare à la cuisine : une pratique visant le plaisir immédiat, mais dépourvue de valeur épistémologique : « je ne donne pas le nom d&rsquo;art à une pratique sans raison » (465 a). Il affirme que la rhétorique politique, déconnectée de la vérité, est une forme de démagogie nuisible.</p>



<p>La discussion avec Polos questionne la justice. Polos défend la thèse selon laquelle celui qui possède le pouvoir et l’exerce sans entrave est le plus heureux. Socrate, au contraire, soutient qu’il est préférable de subir une injustice que de la commettre, car le malfaiteur endommage son âme. Cette thèse paradoxale invite à repenser la notion de responsabilité et de justice au-delà des apparences.</p>



<p>Le débat avec Calliclès oppose la recherche du plaisir et la quête de la vertu. Calliclès défend une morale élitiste et hédoniste : la vie réussie est celle où l’on satisfait tous ses désirs. Il rejette la morale conventionnelle comme un instrument des faibles pour limiter la liberté des forts. Socrate lui oppose une conception du bonheur fondée sur la tempérance et l’harmonie de l’âme. Il lui répond que cette conception conduit à une existence chaotique et insatiable. Il lui présente l’image du tonneau percé : une vie où l’on cherche sans cesse à remplir des désirs inextinguibles ne peut mener qu’à la frustration.</p>



<p>Ces trois échanges permettent à Platon de poser la question fondamentale : la puissance du langage doit-elle être au service du bien et de la vérité, ou bien peut-elle se justifier par sa seule efficacité ?</p>



<p>À travers ces discussions, Socrate défend la philosophie comme discipline permettant d’éduquer l’âme et d’accéder à la véritable vertu : « L&rsquo;homme et la femme sont heureux quand ils sont bien élevés » (470 b). La justice, loin d’être une contrainte, est la condition d’une vie harmonieuse car « la justice [délivre] de l&rsquo;intempérance et de l’injustice. » (478 b). L’ultime mythe du jugement des âmes après la mort renforce cette vision : seule une vie vertueuse conduit au salut.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La philosophie est bonne à connaître dans la mesure où elle sert à l&rsquo;éducation […] elle est à sa place et dénote une nature d&rsquo;homme libre ; le jeune homme qui ne s&rsquo;y adonne pas me semble d’âme illibérale, incapable de viser jamais à rien de noble et de beau. » (485 a-c)</p>
</blockquote>



<p>Le <em>Gorgias</em> &#8211; comme <a href="https://www.markert.fr/2025/02/04/protagoras/">Le <em>Protagoras</em></a> &#8211; s’inscrit dans la confrontation entre Platon et les sophistes, ces enseignants de la rhétorique qui prétendaient former les citoyens à la vie publique. Toutefois, certains critiques estiment que Platon caricature la position sophistique : Gorgias lui-même reconnaît que la rhétorique doit être mise au service du juste.</p>



<p>La critique de la rhétorique manipulatrice résonne avec les défis contemporains liés aux médias et aux discours politiques. À l’ère des <em>fake news</em>, <em>deepfakes</em> et de la communication persuasive, la question soulevée par Platon reste d’une brûlante actualité. A cet égard, le <em>Gorgias</em> peut être lu comme une mise en garde contre la post-vérité et la montée des discours populistes.</p>



<p>Le <em>Gorgias</em> est une critique radicale de la rhétorique et une défense de la philosophie comme voie d’accès à la vérité et à la justice. À travers ce dialogue, Platon interroge la nature du pouvoir, le rôle du langage et les conditions d’une vie juste. Si certaines positions peuvent sembler excessivement dogmatiques, elles invitent néanmoins à un questionnement essentiel : la rhétorique éclaire-t-elle ou trompe-t-elle ? L’éthique doit-elle primer sur l’efficacité ? À une époque où la communication est omniprésente et où les manipulations discursives façonnent l’opinion publique, le <em>Gorgias</em> offre une réflexion précieuse sur la responsabilité du langage &#8211; y compris généré par IA &#8211; dans la construction de la vérité et du bien commun.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Bibliographie complémentaire</strong></h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Aristote</strong>, <em>Rhétorique</em> (IVe siècle av. J.-C.).</li>



<li><a href="https://www.markert.fr/2024/02/09/le-prince/"><strong>Machiavel</strong>, <em>Le Prince</em></a> (1532).</li>



<li><strong>Nietzsche</strong>, <em>Généalogie de la morale</em> (1887).</li>



<li><strong>Jacques Ellul</strong>, <em>Le Bluff technologique</em> (1988).</li>



<li><strong>John Rawls</strong>, <em>Théorie de la justice</em> (1971).</li>
</ul>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Bluff technologique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Jacques ELLUL, Le Bluff technologique, Paris, Hachette, 1988, 489 p. Publié en 1988, Le Bluff technologique s&#8217;inscrit dans la continuité des travaux de Jacques Ellul sur la technique, amorcés avec La Technique ou l’enjeu du siècle (1954) et poursuivis avec &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2021/06/04/le-bluff-technologique/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jacques ELLUL, <em>Le Bluff technologique</em>, Paris, Hachette, 1988, 489 p.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="400" height="626" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Le_Bluff_technologique.jpg" alt="" class="wp-image-876" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Le_Bluff_technologique.jpg 400w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/couv-Le_Bluff_technologique-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p>Publié en 1988, <em>Le Bluff technologique</em> s&rsquo;inscrit dans la continuité des travaux de Jacques Ellul sur la technique, amorcés avec <em><a href="https://www.markert.fr/2021/04/02/la-technique-ou-lenjeu-du-siecle/">La Technique ou l’enjeu du siècle</a></em> (1954) et poursuivis avec <em><a href="https://www.markert.fr/2021/05/07/le-systeme-technicien/">Le Système technicien</a></em> (1977). Dans cet ouvrage, Ellul approfondit son analyse critique du phénomène technicien en dénonçant l’aveuglement collectif vis-à-vis des promesses de la technologie. Selon lui, la foi dans le progrès technique constitue une forme de mystification, un « bluff » qui dissimule les conséquences imprévues et souvent néfastes du développement technologique : « dans ce discours l&rsquo;on multiplie par cent les possibilités effectives des techniques et [&#8230;] l&rsquo;on voile radicalement les aspect négatif . » (p. 13)</p>



<p>Loin d’une simple dénonciation, l’ouvrage propose une réflexion interdisciplinaire sur l’autonomie de la technique, ses effets culturels et anthropologiques, et les illusions qu’elle génère dans nos sociétés modernes. Si certaines de ses analyses pouvaient paraître pessimistes lors de la publication de l’ouvrage, elles résonnent avec une acuité particulière à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.</p>



<p>L’une des thèses centrales de l’ouvrage est que la technique évolue selon sa propre logique, indépendamment de toute volonté politique ou éthique. Contrairement aux discours qui présentent la technologie comme un simple outil au service de l’humanité, Ellul soutient que son développement est autonome et ne peut être orienté selon des choix humains conscients. Il démontre ainsi que chaque invention appelle automatiquement d’autres innovations pour résoudre les problèmes qu’elle engendre &#8211; cf. convictions extropianistes-. Ce phénomène, qu’il qualifie de <em>système technicien</em>, rend toute tentative de régulation illusoire.</p>



<p>Ellul critique ce qu’il appelle la <em>mythologie technicienne</em>, une croyance collective selon laquelle la technique résoudra tous les problèmes de l’humanité. Il analyse comment la technologie est sacralisée et devient une idéologie, dans laquelle la science est perçue comme une sotériologie, une nouvelle religion du salut. « La science devient non seulement la découverte de la nature, mais la réponse à tout ce qui nous inquiète et nous angoisse. » (p. 220)</p>



<p>Ellul montre comment la technique façonne nos modes de pensée et de vie. Loin d’être neutre, elle modifie profondément la culture en imposant des logiques d’efficacité et d’optimisation, au détriment de la spontanéité et de l’imaginaire humain. C&rsquo;est pourquoi il dénonce la manière dont la télévision et l’informatique transforment l’éducation et la communication, en remplaçant le dialogue et la réflexion critique par des flux d’informations standardisés et instantanés : « Il y a de moins en moins de langage et de plus en plus de trucage. » (p. 397)</p>



<p>Dès sa publication, <em>Le Bluff technologique</em> suscite des réactions contrastées. Certains y voient une anticipation lucide des dérives du numérique et de l’aliénation engendrée par les nouvelles technologies. D’autres le critiquent pour son pessimisme excessif et son manque de propositions concrètes.</p>



<p>Une critique récurrente adressée à Ellul est son refus d’envisager un contrôle humain sur la technique. Si son analyse met en évidence l’irréversibilité de certaines évolutions technologiques, elle laisse peu de place à l’innovation éthique ou à la possibilité de choix politiques éclairés. Cela peut paraître désespérant mais les faits sont têtus, qui donnent raison au personnaliste Gascon. En effet, si certains aspects du <em>Bluff technologique</em> semblaient excessifs en 1988, le développement du numérique, de l’intelligence artificielle et des biotechnologies confirment en grande partie les thèses d’Ellul. L’illusion du progrès linéaire, la fascination pour la technique et la difficulté de réguler les innovations technologiques restent des enjeux majeurs du XXIe siècle. L’essor des réseaux sociaux illustre parfaitement la dynamique décrite par Ellul : conçus pour améliorer la communication, ils engendrent des effets secondaires massifs (désinformation, surveillance généralisée, dépendance psychologique) qui dépassent toute tentative de régulation.</p>



<p>L’analyse d’Ellul sur la <em>mythologie technicienne</em> trouve une résonance particulière dans les discours actuels sur l’intelligence artificielle et le transhumanisme. La promesse d’une amélioration radicale de la condition humaine grâce à la technologie rappelle les critiques formulées par Ellul contre l’idée d’un progrès nécessaire et inéluctable. <em>« Tout progrès technique comporte trois sortes d’effets : les effets voulus, les effets prévisibles et les effets imprévisibles. »</em> (p. 82) Cette réflexion s’applique directement aux débats sur l’éthique de l’IA et les risques liés à l’automatisation.</p>



<p><em>Le Bluff technologique</em> est une œuvre fondamentale pour comprendre les enjeux contemporains liés à la technologie. Par sa critique incisive de la <em>mythologie technicienne</em>, il invite à une réflexion sur la place de l’humain face à un progrès qui semble échapper à tout contrôle. Si certaines de ses thèses peuvent paraître excessivement déterministes, elles offrent néanmoins un cadre d’analyse puissant pour interroger la manière dont la technique façonne nos sociétés.</p>



<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>Lectures complémentaires</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Bernard Stiegler</strong>, <em>Dans la disruption</em> (2016).</li>



<li><strong>Bruno Latour</strong>, <em>Nous n’avons jamais été modernes</em> (1991).</li>



<li><strong>Pierre Rosanvallon</strong>, <em>La société des égaux</em> (2011).</li>
</ul>



<p>Ouvrage : <a href="https://www.fayard.fr/livre/le-bluff-technologique-9782818502273/">https://www.fayard.fr/livre/le-bluff-technologique-9782818502273/</a></p>



<p>Co-généré avec IA le 09/02/2025. <em>Ante</em> publiée pour un classement chronologique.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Système technicien</title>
		<link>https://www.markert.fr/2021/05/07/le-systeme-technicien/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=le-systeme-technicien</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 May 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Jacques ELLUL, Le Système technicien, Paris, Le Cherche Midi, 2004. Publié de manière posthume en 2004 mais rédigé dans les années 1970-1980, Le Système technicien constitue l’aboutissement de la réflexion de Jacques Ellul sur la technique, prolongeant les thèses développées &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2021/05/07/le-systeme-technicien/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jacques ELLUL, <em>Le Système technicien</em>, Paris, Le Cherche Midi, 2004.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="324" height="500" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/05/couv-Le_Systeme_technicien.jpg" alt="" class="wp-image-886" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/05/couv-Le_Systeme_technicien.jpg 324w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2021/05/couv-Le_Systeme_technicien-194x300.jpg 194w" sizes="(max-width: 324px) 100vw, 324px" /></figure>



<p>Publié de manière posthume en 2004 mais rédigé dans les années 1970-1980, <em>Le Système technicien</em> constitue l’aboutissement de la réflexion de Jacques Ellul sur la technique, prolongeant les thèses développées dans <em><a href="https://www.markert.fr/2021/04/02/la-technique-ou-lenjeu-du-siecle/">La Technique ou l’enjeu du siècle</a></em> (1954) et <em><a href="https://www.markert.fr/2021/06/04/le-bluff-technologique/">Le Bluff technologique</a></em> (1988). Cet ouvrage offre une analyse approfondie de ce qu’il nomme le « système technicien », un cadre conceptuel qui dépasse l’étude des techniques individuelles pour montrer comment l’ensemble des innovations forme un réseau interdépendant, autonome et irréversible.</p>



<p>À travers une approche interdisciplinaire combinant sociologie, philosophie et histoire, Ellul déconstruit l’idée selon laquelle la technique serait un simple outil au service de l’homme. Il démontre au contraire qu’elle s’est constituée en un système global échappant à tout contrôle démocratique ou éthique. Cette critique radicale du progrès technique met en lumière les conséquences sociales et politiques de cette autonomisation et pose une question centrale : la modernité peut-elle encore maîtriser la trajectoire de la technologie, ou est-elle irrémédiablement condamnée à la suivre ?</p>



<p>L’idée centrale du livre est que la technique ne se développe plus de manière fragmentée, mais forme un ensemble structuré et cohérent, interdépendant, qu’Ellul qualifie de « système technicien ». Une innovation ne peut plus être isolée : elle s’inscrit nécessairement dans un réseau où chaque nouvelle avancée appelle d’autres développements. L’émergence de l’informatique ne peut être séparée de l’essor des télécommunications, de l’intelligence artificielle ou des biotechnologies. Chaque avancée est intégrée au <em>système</em>, lui conférant une dynamique propre qui transcende les décisions humaines.</p>



<p>Ellul démontre que la technique ne peut être arrêtée ou orientée par des choix politiques ou moraux. Dès qu’une avancée est possible, elle est nécessairement mise en œuvre, indépendamment de ses implications sociales ou environnementales.</p>



<p>Contrairement à l’idée selon laquelle la science et la technologie sont guidées par des choix rationnels, Ellul montre que le développement technique ne résulte plus d’une volonté humaine consciente, mais suit une dynamique propre. En conséquence, les décisions politiques ne sont plus que des ajustements face à un mouvement déjà en cours. Aujourd&rsquo;hui, nous pourrions dire que la révolution numérique ne découle pas d’un choix démocratique mais d’une série d’innovations techniques qui ont fini par s’imposer à tous, modifiant nos structures économiques et sociales sans véritable débat de société.</p>



<p>Ellul explique que le système technicien impose de nouveaux critères de jugement et redéfinit nos valeurs sociales et politiques. L’efficacité, la rapidité et l’innovation remplacent progressivement les anciennes références éthiques et culturelles. C&rsquo;est pourquoi il peut écrire que « la technique est nécessairement simplificatrice, réductrice, opérationnelle, instrumentale et réordonnatrice. » (p. 57) Cette affirmation illustre la manière dont la technique tend à remodeler la société selon ses propres impératifs, réduisant l’espace pour la réflexion critique et la diversité culturelle.</p>



<p>Dès sa publication, les thèses d’Ellul ont suscité des réactions ambivalentes. D’un côté, il est salué pour sa lucidité, notamment dans l’anticipation des effets de l’informatisation et de la société de l’information. De l’autre, il est critiqué pour son déterminisme technologique, qui semble priver l’humanité de toute capacité d’action. Une des principales critiques adressées à Ellul reste son absence de solutions concrètes pour maîtriser l’évolution technologique. En affirmant que la technique est autonome, il semble condamner toute tentative de régulation à l’échec. Certains chercheurs estiment cependant que la régulation technologique, bien que difficile, reste possible à travers des cadres législatifs et des décisions collectives. Les débats actuels sur l’intelligence artificielle et la régulation des plateformes numériques montrent que des efforts de contrôle politique existent, même s’ils se heurtent souvent à des résistances économiques et techniques.<br>Si certains aspects du <em>Système technicien</em> pouvaient sembler excessifs lors de sa rédaction, ils trouvent une résonance particulière aujourd’hui. L’essor du numérique, de l’automatisation et des algorithmes illustre parfaitement la dynamique décrite par Ellul : nous ne choisissons pas d’adopter ces technologies, elles s’imposent d’elles-mêmes. De fait, l’intégration de l’intelligence artificielle dans nos vies suit exactement le schéma analysé par Ellul : les avancées techniques ne sont pas débattues avant leur adoption, elles sont intégrées d’office et modifient en profondeur notre quotidien.</p>



<p>L’analyse d’Ellul permet aussi de poser un regard critique sur les discours transhumanistes, qui voient dans la technologie un moyen d’améliorer l’homme. Selon lui, ces discours participent du <em>mythe technicien</em>, qui consiste à croire que la technique est porteuse d’un avenir nécessairement meilleur. La technique « est devenue une religion, qui ne supporte pas d’être jugée. » (p. 8, Jean Luc Porquet in « préface ») Cette phrase s’applique parfaitement aux débats contemporains sur le progrès scientifique et ses limites.</p>



<p><em>Le Système technicien</em> est un ouvrage fondamental pour comprendre la dynamique du progrès technique et ses implications sur nos sociétés. Jacques Ellul y expose une critique puissante et visionnaire, montrant comment la technique s’impose comme un système global, échappant à tout contrôle humain. Si certaines critiques peuvent être formulées sur son déterminisme, l’ouvrage reste incontournable pour quiconque s’interroge sur les liens entre technologie et politique. À l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, cette lecture est plus que jamais d’actualité.</p>



<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>Lectures complémentaires</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Bruno Latour</strong>, <em>Nous n’avons jamais été modernes</em> (1991).</li>



<li><strong>Bernard Stiegler</strong>, <em>Dans la disruption</em> (2016).</li>



<li><strong>Lewis Mumford</strong>, <em>Le Mythe de la machine</em> (1967).</li>
</ul>



<p>Co-généré avec IA le 10/02/2025. <em>Ante</em> publiée pour un classement chronologique.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Technique ou l’enjeu du siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Markert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Apr 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Jacques ELLUL, La Technique : ou l’enjeu du siècle, Paris, Économica, coll. « Classiques des sciences sociales », 2ᵉ éd. rev., 1990 (1ʳᵉ édition : 1954). Publié en 1954, La Technique : ou l’enjeu du siècle est un ouvrage fondateur &#8230; <a href="https://www.markert.fr/2021/04/02/la-technique-ou-lenjeu-du-siecle/">Lire la suite­­</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Jacques ELLUL, <em>La Technique : ou l’enjeu du siècle</em>, Paris, Économica, coll. « Classiques des sciences sociales », 2ᵉ éd. rev., 1990 (1ʳᵉ édition : 1954).</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="619" src="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Technique-ou-enjeu-du-siecle.jpg" alt="" class="wp-image-879" style="width:250px" srcset="https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Technique-ou-enjeu-du-siecle.jpg 400w, https://www.markert.fr/wp-content/uploads/2025/02/Technique-ou-enjeu-du-siecle-194x300.jpg 194w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p>Publié en 1954, <em>La Technique : ou l’enjeu du siècle</em> est un ouvrage fondateur dans la pensée critique sur la technologie et son rôle dans les sociétés modernes. Dans ce texte, Jacques Ellul développe l’idée que la technique est devenue autonome, s’imposant comme le facteur structurant des sociétés contemporaines. Contre l’optimisme dominant de son époque, qui voyait dans le progrès technique une promesse de prospérité et de modernisation, Ellul démontre que la technique, loin d’être un simple outil entre les mains des hommes, suit une logique propre, indépendante des choix politiques et moraux.</p>



<p>Ce livre inaugure une réflexion qui se poursuivra avec <em><a href="https://www.markert.fr/2021/05/07/le-systeme-technicien/">Le Système technicien</a></em> (1977) et <em><a href="https://www.markert.fr/2021/06/04/le-bluff-technologique/">Le Bluff technologique</a></em> (1988), constituant ainsi une trilogie critique sur la société technicienne. Dans <em>La Technique</em>, Ellul ne se contente pas de dresser un état des lieux du phénomène technique, il en analyse aussi les conséquences sur la culture, la politique et la liberté humaine, soulevant des problématiques qui restent d’une brûlante actualité à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.</p>



<p>L’idée centrale du livre est que la technique évolue selon sa propre logique, sans que l’homme puisse réellement l’orienter ou la freiner. Selon Ellul, une fois qu’une innovation apparaît, elle s’impose nécessairement et se diffuse, indépendamment des choix humains. Il reconnait en la Loi de Gabor une loi fondamentale du système technicien : « ce qui peut être fait techniquement le sera nécessairement » (cf. p. 93) Ce constat montre que la régulation politique et morale est inefficace face à l’évolution technique.</p>



<p>Il faut articuler cette première loi à une deuxième : « Le progrès technique tend à s’effectuer, non selon une progression arithmétique, mais selon une progression géométrique. » (p. 83) En effet, chaque innovation en appelle une autre, créant une dynamique autonome qui échappe à tout contrôle.</p>



<p>Ellul montre comment la technique façonne progressivement l’ensemble des structures sociales, économiques et politiques. Ce ne sont plus les valeurs humaines ou les décisions politiques qui déterminent les orientations de la société, mais les exigences de la technique elle-même. Il analyse l’impact de la mécanisation industrielle et des technologies de communication sur l’organisation du travail et des relations sociales, anticipant les mutations contemporaines induites par l’automatisation et l’intelligence artificielle.</p>



<p>Dans une société dominée par la technique, l’individu perd sa capacité de choix. Puisque les décisions sont dictées par l’efficacité technique, le rôle des citoyens et des gouvernements devient secondaire. « Il n’y a pas de technique possible avec un homme libre. » (p. 126) Ce constat souligne que l’autonomie de la technique tend à réduire celle de l’homme.</p>



<p>Dès sa publication, <em>La Technique</em> suscite des réactions contrastées. Certains saluent la lucidité d’Ellul face aux dérives du progrès technique, tandis que d’autres lui reprochent une vision trop déterministe. Une des critiques majeures adressées à Ellul est son absence de solutions concrètes. En affirmant que la technique est autonome et irréversible, il semble condamner l’humanité à une soumission inévitable au progrès technologique.</p>



<p>Si certains aspects de <em>La Technique</em> pouvaient sembler excessifs en 1954, ils se vérifient largement aujourd’hui. L’autonomie des technologies numériques, la course à l’innovation et l’incapacité des régulations politiques à suivre le rythme du progrès confirment les thèses d’Ellul. Le développement de l’intelligence artificielle illustre parfaitement la dynamique décrite par Ellul. Les avancées dans ce domaine se multiplient sans qu’un réel débat démocratique n’ait lieu sur leurs implications sociétales.</p>



<p>L’analyse d’Ellul permet aussi de poser un regard critique sur le transhumanisme, mouvement qui voit dans la technologie le moyen d’améliorer l’homme. Cette idéologie illustre parfaitement la mythologie technicienne qui sacralise le progrès. Méditons à nouveau : « La technique tend à soumettre au mécanisme ce qui appartient à la spontanéité ou à l’irrationnel. » (p.73) Cette affirmation éclaire les débats actuels sur la numérisation du travail et la disparition de l’expérience humaine dans de nombreux domaines.</p>



<p><em>La Technique : ou l’enjeu du siècle</em> est une œuvre fondamentale pour comprendre la place du progrès technique dans nos sociétés modernes. Jacques Ellul y développe une analyse percutante et visionnaire, montrant comment la technique s’impose comme un fait social total, transformant nos modes de vie et nos systèmes de pensée. Si certaines critiques peuvent être formulées, notamment sur son déterminisme et l’absence de solutions alternatives, cet ouvrage reste incontournable pour quiconque s’intéresse aux enjeux technologiques et sociétaux du XXIe siècle.</p>



<p><strong><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Lectures complémentaires :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Martin Heidegger</strong>, <em>La Question de la technique</em> (1954).</li>



<li><strong>Lewis Mumford</strong>, <em>Le Mythe de la machine</em> (1967).</li>



<li><strong>Bruno Latour</strong>, <em>Nous n’avons jamais été modernes</em> (1991).</li>
</ul>



<p>Co-généré avec IA le 10/02/2025. <em>Ante</em> publiée pour un classement chronologique.</p>
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